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Lever de rideau sur Terezin

Roman
à partir de 13 ans
: 9782747056830
14.90
euros

L'avis de Ricochet

En 1943, Victor Steiner, dramaturge parisien à succès, est arrêté parce qu'il est juif et envoyé au camp de Terezin, en Tchécoslovaquie. Artistes, scientifiques et intellectuels y vivent dans des conditions difficiles, parqués en attendant un éventuel convoi vers l'est et la mort. Steiner est protégé par un officier SS, Waltz, grand admirateur de ses pièces et de la France en général. Une visite de la Croix-Rouge internationale est prévue dans le camp au printemps 1944. A cette occasion, Waltz commande à Steiner une pièce inédite qui tournerait autour du siècle de Louis XIV. Steiner, très perplexe face à sa bonne fortune, commence à broder une variation autour du parcours de Molière, tandis que les nazis s'activent pour rendre le camp présentable... Le dramaturge est alors contacté par le Conseil des Anciens de Terezin (une sorte de conseil municipal des prisonniers) : la représentation de la pièce sera aussi le moment d'une évasion des comédiens qui seront sélectionnés. La nouvelle complexifie le travail déjà délicat de Steiner.

Le sujet du roman est tout autant celui de la guerre et l'extermination des Juifs que celui du processus de création littéraire. La dureté des situations serait d'ailleurs presque contrebalancée par la magie de l'écriture, les hésitations et enthousiasmes de Steiner. Mais, bien que tourné vers son art, l'homme prend encore le temps de se préoccuper de ceux qui l'entourent, et les questions fictionnelles de théâtre s'entremêlent naturellement avec celles, bien réelles, de vie ou de mort. Christophe Lambert a réussi un roman impossible, un roman qui parle de pouvoir violent et de création gracile, de contrainte des corps maltraités et de liberté de l'esprit.

Et puis, les mises en abyme sont habiles : un auteur de romans met en scène un auteur de théâtre, qui écrit une pièce historique rappelant sa propre situation (Steiner/Molière versus Waltz/Louis XIV). « Oh que non, Jean-Baptiste, ne vous méprenez pas ; Votre art est souverain, plus encore que le roi. Le talent créatif, là est le vrai pouvoir ; Oubliez les mécènes, leur or, leur bon vouloir ! » (p. 439). Généreux, Christophe Lambert nous propose d'abord l'histoire de Steiner, à la fin ouverte, et ensuite la pièce de théâtre elle-même, in extenso. Suivis par un narrateur externe, les personnages sont très bien campés, riches et complexes (voir Waltz). Un ouvrage étonnant à découvrir.

Présentation par l'éditeur


Depuis les premières lois anti-Juifs du régime de Vichy, le dramaturge à succès Victor Steiner se terre dans un petit appartement parisien. Mais un soir, la passion du théâtre est la plus forte : il sort de sa cachette pour assister à la première du Soulier de satin à la Comédie française, et au retour il est arrêté par la police. Quelques jours plus tard, il embarque dans un train à bestiaux. On