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L'étrange vie de Nobody Owens

Sélection des rédacteurs
Valérie le Plouhinec
Roman
à partir de 12 ans
: 9782226189547
13.50
euros

L'avis de Ricochet

Une nuit, Le Jack assassine toute une famille, ou presque : grâce à un formidable sens de l’initiative pour son jeune âge, le bébé quitte son berceau, puis la maison, échappant ainsi au triste sort des siens. Le meurtrier le poursuit jusqu’au cimetière. Là, le jeune enfant est protégé puis adopté par Mr et Mme Owens, deux fantômes qui lui donnent le nom de Nobody Owens. Au fil des années, Nobody grandit entre les grilles du cimetière. Silas, son tuteur, lui interdit de sortir dans le monde des vivants, car Le Jack y rôde toujours. Nob, enfant vivant au milieu des fantômes, est entouré d’amour et d’amis. Il apprend le lecture et l’écriture sur les épitaphes, l’histoire en écoutant les autres habitants raconter leur vie, mais aussi à s’effacer ou à hanter. Sa curiosité et sa solitude le poussent vers bien des mésaventures : rencontrer la Vouivre, les goules et un prêteur sur gages, aller à l’école etc. Jusqu’à 15 ans, il est animé par le désir de se venger de celui qui a tué sa famille. Finalement, grâce à Silas et à la jeune Scarlett, Nobody retrouvera la paix, puis quittera les siens pour explorer le monde des vivants.

L’étrange vie de Nobody Owens est un ovni dans la littérature jeunesse actuelle. L’univers de Neil Gaiman, également auteur du très remarqué et bientôt adapté au cinéma roman Coraline, est très proche de celui du réalisateur Tim Burton.
Macabre et poétique, drôle et effrayant, ce roman entraîne son lecteur aux limites de la vie et de la mort. A travers les yeux du jeune Nobody, la vie du cimetière nous apparaît joyeuse et animée.
Le fantastique est amené très naturellement : le nom de l’assassin, « Le Jack », puis la fuite du bébé et son adoption par les fantômes posent, dès les premières pages, le genre du roman. Mais on y trouve aussi de l’aventure, des sentiments, de l’apprentissage… La richesse de ce roman vient de ce mélange subtil des genres, preuve d’un vrai bon récit de fiction.
La structure de l’intrigue n’est pas linéaire, mais composée de multiples péripéties : Scarlett, la Vouivre, la porte des goules, la danse macabre etc. Le lecteur partage les évènements marquants de l’enfance de Nobody de manière chronologique. Les ellipses nous laissent supposer que, le reste du temps, le quotidien de Nobody est celui d’un petit garçon normal.
Au fur et à mesure des années, les réflexions du jeune garçon deviennent plus structurées et profondes.
L’écriture, fluide et légère, est parsemée de notes d’humour. Les fantômes sont évoqués avec leurs épitaphes, provoquant un décalage amusant : « Le docteur Terfusis (1870-1936, Qu’il renaisse dans la gloire) l’examina et diagnostiqua une simple foulure » (p.98).
Enfin, les illustrations de David McKean, magnifiques et mystérieuses, complètent le texte à merveille.