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Les petits orages

Sélection des rédacteurs
Roman
à partir de 14 ans
: 9782211222969
16.50
euros

L'avis de Ricochet

Après la Sibérie en déshérence, l’Amérique et ses réserves d’Indiens : Marie Chartres aime à partir d’un lieu signifiant pour faire évoluer ses personnages, eux-mêmes sensibles et hors normes. Moses ne supporte pas ses boutons d’acné et sa patte folle. Il ne supporte pas non plus de voir sa mère en fauteuil roulant, alors qu’il s’accuse d’avoir provoqué bêtement leur accident de voiture. Le père ne dit rien, ce qui veut en fait tout dire. Moses rencontre Ratso, jeune Indien venu de la réserve de Pine Ridge. Ratso déborde de vie, de bizarreries aussi : il cache ses propres blessures et intrigue Moses. Les deux garçons deviennent amis un peu par hasard (ou pas ?). Un jour, Ratso invite Moses à venir voir sa sœur, restée à la réserve. Le voyage à bord d’une voiture brinquebalante sera épique mais décisif.

C’est Moses qui raconte, d’une voix, cachant curieusement sa rage et son désespoir. Alors que sa vie de personnage antipathique s’enlise dans le souvenir de l’accident et la douleur de sa jambe, Ratso constitue une diversion. Puis une attention réciproque : l’Indien remuant secoue la passivité de Moses, lequel observe les discrètes fêlures de son nouvel ami. S’il y a des différences et des non-dits entre eux, ils ne les empêchent pas de se comprendre profondément, et de s’aider sans le vouloir forcément… Moses s’ouvre et s’adoucit, Ratso accepte sa situation et les siens. Le chemin vers l’espoir sera cahotique (la fameuse voiture de Moses n’y est pas pour rien), imperceptible, drôle enfin malgré les casseroles des héros. De la culture indienne toute en symboles jusqu’à la psychanalyse occidentale feutrée (les parents de Moses sont praticiens), le roman effectue un grand écart gracieux, équilibrant son intrigue par la force d’une écriture aussi légère que précise.

« Je l’ai vu farfouiller dans son coffre pour en sortir un petit mortier et un pilon. Il a également attrapé une paire de gants de jardinage, ce qui confirmait que Ratso pouvait au choix être assimilé, dans le pire des cas à un psychopathe ou à un mec totalement barré, seul sur sa planète. Comme je me sentais également bien seul sur la mienne, ça renforçait ce vague sentiment de communion. » (p. 122)

Présentation par l'éditeur

Depuis un an, la vie de Moses Laufer Victor a changé.
Il y a les signes extérieurs, la jambe blessée, les boutons qui explosent sur son visage comme des volcans, et la rage incontrôlée qui s’exprime comme elle peut.
Il y a les choses qui restent en lui, les souvenirs de l’accident, les mots qu’il n’arrive plus à dire avec ses parents, qui sont comme des orages en dedans.
Et puis, il y a