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L'enfant errant

Album
à partir de 5 ans
: 9782358711234
19.00
euros

L'avis de Ricochet

Dans un désert de sable, aux plis et replis nombreux, un enfant chemine. Dans un bateau de sable, un enfant s’éloigne. Entre les deux, il s’affronte à la ville et à ses habitants, puis prend la mer. Qui est cet enfant ? On ne le saura pas. Son long bâton de marche lui donne une allure évangélique. La ville aux portes de laquelle il frappe évoque les portes d’une ville engloutie, en ruine, peut-être Pétra, mais le décor et les habitants semblent sortir d’une époque somptueuse qui va du Moyen Age à l’époque moderne. Gilles Aufray et Marion Janin perdent le lecteur dans le chatoiement des formes. Le chapitre final, le rêve, peut servir de clé. Livre de rêve, il parcourt le temps et l’espace sans contrainte, cultivant un sentiment d’étrangeté qui étreint.

Plusieurs éléments y concourent. Le narrateur parle de l’enfant vu de l’extérieur. Il raconte la violence qui s’exerce sur lui lorsque la foule l’accuse de vol. Le lecteur sait que l’enfant a faim, a soif, mais le dessin ne laisse voir que l’hostilité, la virulence des habitants aux visages saisis en gros plan. L’opposition entre l’ocre du sable et les vêtements rouges somptueux, les expressions du visage aux paroles perdues rendent sensible la désolation de l’enfant errant. Lorsqu’on quitte la ville et qu’émergent de la mer des vestiges de civilisation (télévision, automobiles enfouis); lorsqu'on voit les poursuivants pétrifiés, il y a comme un écho du Joueur de flûte de Hamelin. Les époques, les civilisations se mêlent et cela donne le vertige. Le dessin, d’une extrême finesse, compose un bel album énigmatique que le lecteur nourrira de ses propres rêves et désirs dans une familiarité étrange…

Présentation par l'éditeur

« Un pied dans la nuit qui se termine
et l’autre dans le jour qui se lève
un enfant seul enjambe l’horizon.
Il pose le pied sur la terre froide
et se met en marche. »

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