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Le zoo poétique

Poésie
à partir de 6 ans
: 9791023509052
16.00
euros

L'avis de Ricochet

Les anthologies poétiques sont nombreuses. Elles répondent toutes à un besoin de lectures picorées au gré des envies, par des lecteurs qui cherchent des rencontres brèves un peu au hasard. Orienté par la thématique, le choix de l’illustrateur peut transformer la succession de textes en album à rêver.

C’est le cas du Zoo poétique illustré par Bruno Gibert.

Le choix de poèmes est d’abord assez classique. La « fourmi de 18 mètres » ou le « pélican de Jonathan » de Robert Desnos voisinent avec le « hareng saur » de Charles Cros et « l’âne si doux » de Francis Jammes. Il semble proposer une certaine vision de la poésie, gentiment déconcertante à destination des enfants.

Pourtant, à regarder le choix des poèmes de Maurice Carême par exemple, une certaine ambivalence parcourt ce recueil : « L’écureuil et la feuille » illustre l’élégance de l’écriture et la gentillesse des éléments, c’est un poème pour enfants sages, mais « L’oiseau » rend compte d’une relation homme / animal d’une violence extrême, sublimée par la poésie :

« Alors, il lui coupa le cou,
Et de chaque goutte de sang
Sortit un oiseau plus brillant. »

D’un côté, l’amusante fantaisie du boa d’Andrée Chédid, de l’autre, la mélancolie d’Edmond Jabès ; « Ciel et terre » ou « Déclin » d’Emile Verhaeren. À côté de ces auteurs bien connus, cette anthologie fait place à d’autres voix, des auteurs du XIX° siècle : Leconte de Lisle ou Théodore de Banville, ou plus rares du XVI° siècle : Jean Antoine de Baïf ou Jacques Pelletier du Mans.

L’illustration de Bruno Gibert est à la hauteur de ce grand écart : le lion bienheureux qui ouvre le recueil ( « La méridienne du lion », Victor Hugo) donne une image parfaite du repos, « La paix est sur son grand visage », pourtant tout autour de lui, volent de grosses mouches inquiétantes… Le travail de Bruno Gibert associe réalisme et décor imaginaire. Ainsi les pingouins du char tiré par la fourmi ou les pélicans de Jonathan ressemblent à l’image classique de ces animaux mais ce réalisme est perturbé par le tout petit bateau ridicule de Jonathan ou par la différence de taille entre pingouins modestes et fourmi énorme. La perdrix au sol, dont le plumage ressemble à un tissu ethnique, s’oppose aux bottes vertes du chasseur et au chien langue pendante, elle est plus puissante qu’eux. Bruno Gibert dynamise et dynamite les codes graphiques. Tel le chat voluptueux couché sur le canapé rouge, chaque illustration éclaire le texte, en guise de synthèse ou plus exactement, équivalent visuel du poème.

Un beau livre d’images pour rêver sur de beaux textes.

Présentation par l'éditeur

Le lion de Victor Hugo, la fourmi de Robert Desnos, le chat de Charles Baudelaire, l'écureuil de Maurice Carême ou le boa d'Andrée Chedid... Les plus grands poètes de la langue française vous invitent dans leur ménagerie ! Près de trente poèmes illustrés par Bruno Gibert pour éveiller les enfants au charme de la poésie.