Aller au contenu principal

Le Roman de Renart, tome 1 : Ysengrin

Bande dessinée
à partir de 10 ans
: 2070610152
13.00
euros

L'avis de Ricochet

On suit depuis longtemps le travail de Bruno Heitz, illustrateur et auteur de bandes dessinées. On aime beaucoup sa série « Un privé à la cambrousse », des « polars » ruraux, publiés au Seuil BD, racontant les enquêtes improbables d'un épicier à mobylette. Le quidam parcourt sa contrée perdue pour mettre à jour des secrets de famille bien encombrants. Avant cette série en noir et blanc, Bruno Heitz avait aussi publié chez le même éditeur une très libre adaptation de La ferme des animaux, d'Orwell, s'intitulant Boucherie, charcuterie, même combat, fable utopiste et satirique dans laquelle les animaux prennent le pouvoir et asservissent les humains. Bruno Heitz est donc à l'aise avec nos amies les bêtes et il semblait légitime que Le Roman de Renart l'intéresse et l'inspire.
La première planche installe le lecteur dans une ambiance rurale, presque bucolique, la campagne est paisible, les champs labourés, les oiseaux survolent la contrée à la recherche d'une pitance. Mais cela ne dure guère, car Renart, le narrateur, sort du fourré où il s'état tapi, attrape l'oiseau et lui tord le cou. Puis notre héros se présente, vêtu comme un manant, et nous explique les liens réels qui l'unissent à Ysengrin, le loup, qu'il appelle « mon oncle », qu'il tutoie et dont il se méfie.
Puis au fil des planches, on fait la connaissance de la famille de Renart et des différentes protagonistes du récit.
L'album est divisé en cinq chapitres, y compris l'introduction ci-dessus décrite, et l'épilogue, dans lesquels on retrouve les épisodes les plus fameux du Roman de Renart, notamment Les Anguilles ou La Pêche. Dessin expressif, vivacité du trait, mise en page dynamique, autant de qualités qui éclatent dans cet album joyeux, où l'humour existe autant dans les textes que dans les dessins. N'oublions pas un bonus jubilatoire en noir et blanc à la fin de l'album, petite mise en abyme façon Vache qui rit, que je vous laisse le plaisir de découvrir.