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La véritable histoire de l'apprenti sorcier

Album
à partir de 5 ans
: 9782278078660
23.80
euros

L'avis de Ricochet

Tels les Rois Mages, Zingarino, Linette, Amadou et Tristane arrivent des quatre horizons. Une volonté les rassemble, devenir sorciers. Nous faisons connaissance lors de leur première rencontre avec Alto Incantador, le Maître magicien, « souriant d’un côté » et « sévère de l’autre ». Les illustrations de Rémi Saillard installent immédiatement l’atmosphère. Massif, plus austère que bienveillant, son visage semble émerger du cœur d’un arbre, tout couronné de bois. A côté de lui les enfants semblent bien mignonnets et leur désir de devenir sorcier n’est pas sans ambiguïté. Zingarino veut devenir sorcier pour mieux gagner son pain, Linette se rêve en «gentille sorcière», Amadou veut apprendre la science d’un chaman-guérisseur et Tristane veut se venger de tous ceux qui l’appellent « l’âne triste ». Diversité et contraste caractérisent les personnages : le magicien a tout de Janus bifrons, en écho aux mythologies anciennes, et les noms des enfants signifient leurs appartenances et leurs caractères. Un seul d’entre eux accomplira son souhait.

Dans un style poétique rythmé, rimé, tantôt naïf, tantôt ample, l’histoire racontée par la voix de Nathalie Dessay est un prétexte à voyager dans les musiques de la sorcellerie, telle qu’elle se manifeste dans la musique classique occidentale des XIXe et XXe siècles. Sa voix très claire et précise accompagne tendrement les péripéties des enfants ou la gravité d’Alto Incantador et de Baba Yaga. Avec bonheur, elle donne voix à l’acerbe Tristane ou à la naïveté de Linette même si, parfois, on attendrait une voix plus timbrée.

Le récit clairement identifié comme initiatique est construit sur trois voyages crescendo : peur du mal, de l’inconnu et de la mort pour mettre en valeur Moussorgski, Ravel, Berlioz ou bien sûr Paul Dukas. Texte, images et musiques sont habilement entremêlés. Les illustrations, tour à tour farfelues (la maison de Baba Yaga) ou inquiétantes, comme la mort violoniste, prennent de l’ampleur et donnent forme au trouble qui nous habite.

Un album habile et attrayant pour amener les enfants à écouter des musiques patrimoniales, de grande qualité. En accrochant les auditeurs par un récit illustré magistralement, l’auteur guide leur réflexion puisque la compétition se résout dans une morale, aucun lauréat : « que chacun trouve sa propre voie ! ».

Présentation par l'éditeur


Quatre enfants rêvant de devenir magiciens se présentent au maître sorcier Alto Incantador qui devra au final n’en garder qu’un. Commence alors un voyage initiatique qui leur apprendra à surmonter leurs peurs et les obligera à révéler tous leurs talents. Arrivés au bout de leurs épreuves, avant d’annoncer l’enfant élu, le grand sorcier leur racontera ses mésaventures du temps où lui aussi était