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La roue

Sélection des rédacteurs
Roman
à partir de 10 ans
: 9782748511482
5.95
euros

L'avis de Ricochet

« La roue, c’est comme la vie, a dit le prof de gym. Dans la vie, si tu ne te lances pas, si tu ne t’appuies pas sur ce que tu sais, si tu ne passes pas à l’action, eh bien jamais tu ne retomberas sur tes pieds ! La maîtrise de la roue, c’est la maîtrise de sa vie ! ». Seulement voilà, Elise n’y arrive pas. La roue a pourtant l’air tellement facile quand elle est exécutée par ses camarades… Mais rien n’y fait, Elise a beau déplacer les meubles de sa chambre pour entraîner cette fichue figure, ses pieds ne décollent pas. La jeune fille complexée en arrive à se convaincre de son infériorité et reporte sur toute son existence les appréhensions qu’elle éprouve pour cet exercice symbolique du cours de gym : « M’élancer me fait peur. Me balancer m’effraie. Plonger me terrifie. Je courbe l’échine, je me recroqueville, je me roule en boule… ». C’est d’ailleurs ainsi avec Damien : il lui plaît, mais jamais elle n’osera l’aborder. Et comment pourrait-il remarquer une fille aussi banale et fade ?
Scolairement aussi, Elise est insignifiante ; sa petite sœur Lucie a bien plus de facilités : « Maman la voit déjà médecin ou avocate, ou bien professeur à l’université. Pour moi, on se contente de dire que si je trouve un métier que j’aime et dont je pourrai vivre, alors ce sera déjà pas mal. »
Pourtant, à la maison, Elise gère la lessive et les tâches ménagères. Elle s’occupe aussi de Lucie pendant que leur père voyage aux quatre coins du monde, et que leur maman s’isole dans le travail pour cacher à ses filles le désarroi qui l’habite. Les dossiers qu’elle s’acharne à étudier l’envahissent jusque dans son sommeil… et jusqu’au jour où son corps n’accepte plus le surmenage qu’elle lui impose.
L’hospitalisation de sa mère permettra enfin à Elise de prouver qu’elle est capable de prendre sa vie en main – comme elle le faisait déjà avec celle des autres – tout en retombant sur ses pieds, « une petite révérence, et voilà ».

Nous connaissions jusqu’alors Sandrine Kao pour la douceur de ses illustrations. Force est de constater aujourd’hui que le talent de cette jeune auteure est multiple. Dans une langue fraîche et accessible, elle décrit avec justesse l’entrée dans l’adolescence d’une jeune fille qui porte des responsabilités familiales dont elle ne devrait pas avoir à se préoccuper et qui, malgré tout, culpabilise de n’être jamais à la hauteur. Sa métaphore de la roue est bien servie et efficace.

Présentation par l'éditeur


Ne pas savoir faire la roue, ce n’est pas bien grave. En cours de sport, on a un peu honte quand on passe devant toute la classe, et voilà. Seulement, Elise ne voit plus du tout les choses de cette façon. Le prof de gym lui a fait remarquer que si elle n’arrivait pas à faire la roue, c’est parce qu’elle n’osait pas se lancer dans la vie. Du coup, elle se remet en cause, a l’impression de passer