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La resistance, l'histoire de Peter

Nathalie Peronny
Naïveland
Roman
à partir de 13 ans
: 9782350211664
17.00
euros

L'avis de Ricochet

2150. Pincent Pharma a développé Longévité, un traitement qui permet de vivre éternellement. En échange, les hommes et femmes signent la Déclaration qui les engage à ne pas avoir d’enfants. Malgré tout, des enfants naissent, et sont arrachés à leurs parents pour rejoindre les autres Surplus dans des institutions sordides. Peter et Anna, les protagonistes de La Déclaration, ainsi que Ben, le petit frère d’Anna, ont reçu le statut de Légaux par les Autorités. Dans l’ombre, ils œuvrent pour le Réseau Souterrain, luttant pour le retour de l’ordre naturel de la vie, des naissances, de la vieillesse, de la mort. Peter parvient à se faire embaucher chez Pincent Pharma, l’entreprise tant haïe et dirigée par son grand-père. En tant qu’agent infiltré par la Résistance, il doit gagner la confiance de son grand-père et découvrir ce qu’est l’Unité X. Mais entre l’influence familiale de Richard, les beaux discours sur la Longévité du sympathique docteur Edwards, les secrets de Paul le leader du Réseau Souterrain et le bien-être d’Anna et Ben, Peter est assailli par les doutes. Il découvre que les Surplus sont stériles. Puisqu’ils ne pourront engendrer la nouvelle génération, pourquoi ne pas accepter la vie éternelle, si tentante ?


On retrouve avec bonheur les héros de La Déclaration, Anna et Peter, ainsi que cet avenir oppressant décrit par Gemma Malley. Cette suite prend une tournure moins intime, plus politique et engagée. Les thèmes abordés sont passionnants, car pas si éloignés de nous : manipulation génétique, médicaments pour effacer la vieillesse, conception des jeunes comme des menaces à la société des adultes… Le lecteur est clairement entraîné du côté des résistants. Comme dans la série Entre Chiens et Loups de Malorie Blackman, le terrorisme est le dernier recours des défenseurs d’un monde plus juste. Cela a le mérite de poser les questions importantes, celles qui fâchent et réveillent l’esprit critique… En cela, La Résistance est un bon roman d’anticipation, puisqu’il donne un éclairage différent sur des grands sujets de société.


Toute à la troisième personne, la narration est moins riche que dans La Déclaration, qui alternait des extraits du journal d’Anna avec un point de vue externe. Le rythme est haletant, voire trop : la progression de l’action est très rapide, les événements se succèdent en accéléré. Les trois résistants, Peter, Jude et Paul, prennent d’assaut Pincent Pharma en quelques pages. Cela parait un peu trop facile.


Le personnage d’Anna est très en retrait, elle ne vit que pour Peter qui l’a sauvée de Grange Hall. Elle se sacrifie pour lui en signant la Déclaration. On aurait apprécié plus d’énergie et de caractère.


Le dénouement m’a également déçue. Peter, Anna et Ben partent se cacher à la campagne, pour se faire oublier. Là, Peter travaille la terre, tandis qu’Anna, enceinte, gère la maison et élève son petit frère. Effectivement, c’est un réel retour aux sources et à la nature. Mais il y a sûrement un équilibre entre une société fondée sur la science et ce foyer somme toute très réactionnaire !


La Résistance est un bon roman d’anticipation, qui pose sans concession des questions capitales sur la vie, la mort, l’engagement. Malgré quelques faiblesses de narration, et une héroïne féminine passive, les lecteurs de La Déclaration auront plaisir à retrouver Anna et Peter au cœur de la lutte contre la vie éternelle.