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Dys sur 10 : Dylan a un secret... Il est dyslexique

Sélection des rédacteurs
Roman
à partir de 13 ans
: 9782266288002
15.00
euros

L'avis de Ricochet

Vivre sur des montagnes russes des temps d’exaltation heureuse et des moments d’abattement profond  résume le sentiment éprouvé par Dylan, collégien de 14/15 ans, héros de ce roman de Delphine Pessin.

Tout commence par sa rentrée catastrophique en classe de 4e.

Situation initiale : un conseil de discipline ! Sans le vouloir, il blesse son ami d’un coup de fenêtre ouverte violemment et, au moment où Madame Nas, nouvelle professeure de français, lui ordonne de sortir, il s’exécute et dégonde la porte !

Cette entrée en matière spectaculaire décrite par la voix de Dylan tient de l’examen de conscience et du journal intime. Au fil de son récit, Dylan détaille ce qui l’a conduit à cette situation : il est dyslexique. Cette difficulté réelle, mais qu’il veut ignorer, est vécue comme une excuse par sa mère, comme un handicap par son père. Elle est pour tous une cause de souffrance, puisqu’elle met à mal l’enfant rêvé, celui dont on attend la pleine réussite scolaire et sociale. La famille de Dylan Le Roch est pourtant aidante. La dyslexie diagnostiquée précocement est suivie d’un accompagnement d’orthophonie qui l’aide réellement. Mais, lorsque la thérapeute lui apprend qu’elle va déménager, Dylan refuse toute autre aide. Ce qui était difficile à l’école primaire devient insurmontable au collège et de manque de confiance en provocation, et en rébellion, les  mauvaises notes accumulées ont raison de la patience des parents, de celle des enseignants et installent durablement Dylan dans un sentiment d’échec. Dylan plaide coupable.

Si Dylan ne sombre pas c’est qu’il est entouré par des amis sûrs. Martin, brillant élève qu’il a éborgné le jour de la rentrée, et Pauline, le génie de la pâtisserie. A eux trois, ils s’aident mutuellement à surmonter obstacles et difficultés. Des péripéties nombreuses vont éclairer les personnages et tenir le lecteur en haleine : face à sa famille en détresse, Dylan fait preuve d’initiative pour payer son voyage en Angleterre, mais le manque de confiance de son père remet tout en cause. Sacha, un peu chef de bande, voit dans Dylan un acolyte sympathique, un « guignol ».

Dylan pose ainsi la question de son identité : suis-je ce que les autres pensent de moi, un mauvais élève, un amuseur public, un handicapé ? Cette mosaïque vécue douloureusement est transcendée par une proposition faite par « Ananas », la professeure de français qui lui permet de faire un pas de côté : vivre un atelier de théâtre, prendre la responsabilité d’un rôle, travailler avec d’autres et mener à bien la tâche, tel sera le parcours de réussite de Dylan…

Education sentimentale, éducation morale et sociale constituent ce roman d’adolescents dense, plein d’empathie pour les héros, tous touchants (même  Sacha qui joue les gros bras). C’est un roman pédagogique au sens fort du terme. Oui, il y a moyen de sortir de difficultés, ni en les taisant, ni en les ignorant, mais en les assumant. Ni Dylan ni son auteure ne font preuve d’angélisme, mais on sent une volonté d’aider, d’avancer qui devrait profiter aussi bien aux  adolescents à qui ce roman s’adresse qu’aux éducateurs et parents qui gagneraient à le lire. Un bon moment de lecture pour tous !   

Présentation par l'éditeur

La « dyslexie », un mot étrange et impossible à prononcer, pourtant c'est bien ce qu'on m'a diagnostiqué. Moi, Dylan, quatorze ans, j'ai des problèmes de connexion, je suis dys-connecté. Cette particularité ne m'empêche pas de vivre, par contre elle ne me facilite pas les choses, surtout à l'école... « Dylan, arrête de faire le guignol ! Dylan, tu pourrais t'appliquer ! ». 
Personne ne doit