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Dancers

Sélection des rédacteurs
Roman
à partir de 14 ans
163 pages
: 9782330108496
13.90
euros

L'avis de Ricochet

Adrien habite dans un pavillon d’un village du Grand Est, où les garçons jouent au foot ou au hand, organisent des parties de paintball dans la forêt et se déplacent en moto ou en quad. Pourtant son truc à lui, c’est la danse, mais, pour rester dans le moule, il a appris à « passer sous silence » sa passion, les cours de danse qu’il a suivis en ville et l’option danse du lycée où il est inscrit. C’est dans sa « tanière », le sous-sol de la maison aménagé avec des tapis bleus de gym, avec des miroirs accrochés le long du mur et avec des haut-parleurs qui diffusent la musique, qu’il s’entraîne jour après jour après avoir regardé des tutoriels sur Internet.

Anaïs pratique depuis qu’elle est toute petite la gymnastique rythmique. A 13 ans, suite à des entraînements acharnés, elle est sélectionnée dans l’équipe de France. Mais après un an passé dans le centre de formation national, marqué par des privations morales et des douleurs articulatoires, on lui montre la porte de sortie prétextant qu’elle manque de charisme. Suite à ce remerciement qui l'a littéralement désarçonnée, Anaïs n’a pas réussi à retourner au collège. C’est l’option danse du lycée situé à l’autre bout de l’agglomération où elle habite qui lui a permis de revenir à l’école.

Sanjeewa a quitté avec ses parents le Sri Lanka à l’âge de 7 ans. Après l’exil brutal vers la France, il a connu une « arrivée encore plus violente, le déracinement [et] la haine de ceux qui étaient censés les accueillir à bras ouverts ». Pourquoi Sanjeewa danse-t-il ? Parce que la danse le calme, elle lui permet de rentrer à l’intérieur de lui-même et d’« extérioriser ses démons », ce trop-plein d’énergie dont il ne sait que faire. Les enchaînements millimétrés proches de l’acrobatie laissent en effet l’adolescent « vidé, nonchalant [et] dilettante ». Le sourire que Sanjeewa arbore alors, peu de personnes en France comprennent d’où il vient vraiment.

La danse est paradoxalement ce qui relie et éloigne nos trois protagonistes. Attirés par le cadre rigoureux et l’espace de liberté – où seul l’instant présent compte – que leur apporte la pratique de la danse, les duos sportifs et/ou amoureux formés par Anaïs, Adrien et Sanjeewa font émerger leurs doutes et failles. S’ensuivent histoires d’amour et disputes, rapprochements et déchirements. Les trois adolescents parviendront-ils à sortir du triangle amoureux qui les enserre, afin de s’assumer et de s’affirmer comme artistes et jeunes adultes ? La suite du roman vous l’apprendra !

Ce roman de Jean-Philippe Blondel met parfaitement en lumière les affres de l’adolescence. Tantôt synonyme d’énergie et d’extrême liberté, cette période de la vie peut être également vécue comme douloureusement aliénante et uniformisante dans la mesure où elle requestionne notamment la personnalité construite depuis l’enfance et les liens du sang. Physiquement et moralement, à l’image des héros de ce roman, l’adolescent est celui qui se cherche et repousse les limites. C’est d’ailleurs pourquoi la danse répond tout à fait aux attentes des jeunes protagonistes de ce roman. Elle leur offre, selon le moment, la sérénité, la légèreté ou l’énergie et le sérieux dont ils ont besoin, leur permettant ainsi de continuer à vivre. Qu’elle soit mélancolique ou empreinte d’espoir, la danse est la soupape de sécurité de cette jeunesse refusant d’être brimée. Jean-Philippe Blondel signe une nouvelle fois un roman poignant, engagé et porteur d’espoir.

Présentation par l'éditeur

Un roman à trois voix, qui propose une chorégraphie touchante des passions de l’adolescence.

Anaïs, Adrien et Sanjeewa : l’ancienne gymnaste à la carrière contrariée, le garçon en colère contre l’injustice familiale et le fils d’immigrés tamoul que l’on ne sait pas trop où caser. Ces trois-là se croisent, s’aiment, se séparent puis se retrouvent. Mais au-delà des sentiments, ce qui les relie