Aller au contenu principal

Combien de terre faut-il à un homme ?

Sélection des rédacteurs
Album
à partir de 8 ans
: 9782364744912
16.50
euros

L'avis de Ricochet

L'album à l'italienne est adapté d'une nouvelle de Tolstoï, qui, avec le goût du drame russe, dynamitait déjà l'avidité du capitalisme. Un homme pourrait être heureux dans sa petite isba avec sa famille. Mais il veut plus. Débrouillard et volontaire, il parvient à obtenir des terres supplémentaires. Mais il veut encore plus. Il déménage alors sur des terres davantage fertiles. Etc. Cependant, l'homme n'est jamais heureux. Jusqu'au jour où une tribu nomade réputée nonchalante lui offre, contre mille roubles, autant de terrain qu'il pourra en parcourir en un jour entier. Le fermier saura-t-il gérer son temps, et, mieux, sa résistance physique ?

Le récit du narrateur externe est implacable voire féroce : l'écriture, de type descriptif donc neutre, ne cesse de laisser deviner un jugement en intertexte. Les mots font mouche, et paradoxalement les illustrations, très graphiques et explicites, accumulant de page en page silhouettes de poussins et de vaches, pourraient presque se passer de paroles. C'est dire si l'ensemble se complète, discourant avec aisance autour de la propriété et ses (nombreux) travers, des instincts de l'homme et de ses choix de vie qui peuvent l'emprisonner.
Le bleu, le jaune et le rouge jouent de leurs ombres, en dessins francs, un peu lointains, ou plus minutieux de petites volutes, mais toujours puissamment évocateurs. Ce sont les enfants entassés avec les biens dans la charrette, la tente des nomades plus que remplie, ouverte au loisir, contre les animaux de la ferme alignés les uns à la suite des autres. La typographie d'une sobriété extrême s'intègre avec naturel dans cette figuration, d'un bleu profond sur la page ivoire : à histoire édifiante, effet marquant dans les moindres détails. Combien de terre faut-il à un homme ? ou une formidable et malheureuse aventure à méditer soigneusement.

Présentation par l'éditeur


Sur son lopin de terre de l’ouest sibérien, le paysan Pacôme vit avec sa femme
et ses trois enfants. Il n’est pas riche, mais sa famille ne manque de rien.
Pourtant, Pacôme est insatisfait et il se met à penser qu’avec davantage
de terre il serait « tout à fait heureux ». Sur les conseils d’un marchand de
passage, Pacôme décide de partir aux pays des bachkirs, où la terre est fertile et vendue