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Albertine : Albrecht Dürer

Canopé,
Album
à partir de 6 ans
: 9782844555984
14.95
euros

L'avis de Ricochet

Sous les arbres d’une jungle fantaisiste, une femme prépare le café. Abrité sous les arbres aussi et bien confortablement installé sous une jolie couette rayée, un rhinocéros dort. Il est interpelé par sa maman et le dialogue s’installe entre un enfant autonome, certes, mais suivi de très près, et l’adulte.

Le cadre est posé. Avant l’école, on assiste à l’habillage sur commande d’un écolier dont on ne connaîtra le prénom que tardivement. Albertine se soumet avec docilité aux désirs de sa maman, même si on voit bien que la petite prend ces ordres avec un certain dégagement, surtout intéressée par les jouets qui encombrent sa chambre et lui donnent matière à jouer.

Le récit progresse au rythme des injonctions maternelles qui superposent vêtement après vêtement, mais c’est l’illustration qui nous renseigne sur l’enjeu de la situation : au fur et à mesure la petite disparaît et étouffe. Le décalage qui existe entre la placidité de la maman, toujours occupée en cuisine et cependant très concernée par l’habillement de sa fille qu’elle « pilote », et les réactions de la petite est tout à fait comique parce que, comme au théâtre, le lecteur mesure la transformation d’Albertine alors que la mère, elle, est aveugle. Après le collant, la culotte, la ceinture, les mitaines, l’écharpe – on pense à une comptine  le bonnet fait déborder le vase et Albertine explose, elle se libère et envoie par-dessus les arbres les vêtements inutiles….

Cette histoire drôle de relation mère-fille, très familière à bien des enfants, met en scène un rhinocéros qui sert de support au dossier artistique de cette collection Pont des arts. En effet, l’œuvre mise en lumière est Le rhinocéros d’Albrecht Dürer. Et on comprend d’un seul coup la raison de cette héroïne rare, une rhinocéros, et son prénom Albertine. L’entretien de Géraldine Elschner et Lucile Placin éclaire de façon très intéressante les liens entre l’œuvre de Dürer et leur écriture. Le caparaçon du rhinocéros tel qu’imaginé par le grand peintre allemand évoque bien l’accumulation des « vêtements » et les choix narratifs et techniques des auteures, clairement présentés, enrichissent cette histoire réjouissante.

Présentation par l'éditeur

« — Dépêche-toi ! Tu vas être en retard à l'école !
—  Oui, oui, maman. Je m'habille et j'arrive.
Des collants, une culotte bien chaude, un gros pull, des migraines, trois écharpes... Ça va suffire ? »

Albertine accumule les vêtements et la voilà transformée en mini Bibendum... Impossible de bouger avec toutes ses couches ! Elle étouffe ! Alors quand sa mère l'appelle pour ajouter un bonnet, hop ! elle prend la poudre d'escampette et enlève tous ses vêtements. À elle la liberté !