A suivre...Il semblerait qu'à l'origine, il existait en Chine un vieux conte populaire nommé La vieille femme tigre. Il raconte l'histoire de deux fillettes amenant de la nourriture à leur grand-mère dévorée par un tigre prenant sa place pour manger les enfants à leur tour. Ce motif sera repris ensuite de façon quasi universelle par beaucoup de conteurs qui le feront varier selon les époques et les lieux. Plus tard, à la fin du 19e siècle et jusqu'au milieu du vingtième, des éthnologues et des folkloristes ont recherché dans les campagnes françaises les contes populaires courants. Leur travail a permis de retrouver le conte tel qu'il était avant que Charles Perrault ne lui donne ses lettres de noblesse.
En 1697, paraît Histoires ou contes du temps passé avec des moralitez, recueil de huit contes orné de gravures. L'auteur donne sa couleur au Petit Chaperon rouge et réécrit son histoire dans un français très élégant et stylé, en introduisant une morale finale destinée à mettre en garde les enfants contre les dangers de la forêt. « [...] ces bagatelles n’étaient pas de pures bagatelles, qu’elles renfermaient une morale utile, et que le récit enjoué dont elles étaient enveloppées n’avait été choisi que pour les faire entrer plus agréablement dans l’esprit et d’une manière qui instruisît et divertît tout ensemble. » : écrit Charles Perrault dans sa préface des Contes de la mère L’Oye. Le succès du conte est immédiat et des exemplaires circulent très rapidement en France comme à l'étranger. Dorénavant, la forme littéraire du conte prend le dessus sur la tradition orale.
On découvre en 1953 le manuscrit des Contes de la mère L’Oye datant de 1695, illustré de dessins coloriés et signé par Pierre Perrault Darmancour. ( P. P. )
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Adaptations : Le Petit Chaperon Rouge, raconté par Nicole Vallée, ill. de Denise Chabot, Fernand Nathan, collection "Lecture facile", 1970.
Crock, Crock, Le Petit Chaperon Rouge, ill. de Robert Scouvart, Magnard, 1986.
B. de La Salle, Le Petit Chaperon Rouge, ill. de Laurence Batigne, Casterman, 1986.
Contes comme la lune, ill. par Pef, Messinos Farandole, 1991.
Elisabeth Hartmann, Le Petit Bonnet, Syros, 1992.
Yvon Pommaux, John Chatterton Detective, L'Ecole des Loisirs, 1993, 40 p.
Le Petit Chaperon Rouge, ill. de Jean Claverie, 15 ill. couleurs, Albin Michel, 1994, 25 p.
Anne Bertier, Mon Loup, Grandir, 1995.
Ed Young, Lon Po Po, Flammarion, 1995.
A partir de 5 ans - Dans un coin reculé de Chine, vivent une mère et ses trois filles. Un jour, la mère laisse seules les fillettes pour aller rendre visite à la grand-mère. Fort content de cela, le loup en profite pour se faire passer pour la grand-mère « Po Po », pénétrer dans la maison et se coucher dans le lit des enfants. Au bout d’un certain temps, la plus futée des petites filles se doute de la supercherie et invente un stratagème pour se débarrasser du loup. Sous le prétexte de lui ramener des noix de gingko, elles montent à l’arbre le plus proche et l’allèchent. Le loup essaie de rejoindre les petites, mais tombe de l’arbre et se tue.
Ce conte inspiré du Petit Chaperon rouge et du Loup et des sept chevreaux garde une part de ces histoires. On y retrouve en effet les protagonistes principaux : les trois petites filles qui symbolisent le chaperon, le loup, la mère et la grand-mère. L’histoire est cependant modifiée : elle se déroule dans un lieu clos plutôt qu’en pleine nature et le danger s’introduit dans le lit des fillettes. C’est la ruse qui permettra aux enfants de s’en sortir. Comme dans le conte La chèvre et des chevreaux, la mère s’en va chercher de la nourriture et le loup essaie d’entrer dans le refuge des enfants. Dans l’histoire des frères Grimm, les agneaux sont mangés mais sont sauvés. De même, l’histoire de Lon Po Po se finit bien, le loup meurt et les enfants s’en sortent sains et saufs.
Philippe Corentin, Mademoiselle sauve qui peut, L'Ecole des Loisirs, 1996.
ISBN : 2-211-04151-5.
A partir de 4 ans - Mademoiselle Sauve-qui-peut est une fillette maligne et espiègle. Partout où elle passe, tout le monde fuit tant elle est infatigable. Sa mère, excédée, l’envoie chez sa grand-mère porter une galette et un petit pot de beurre. Mais sa grand-mère ne s’y trouve pas. Seul, le loup est là dans son lit à attendre. Mademoiselle Sauve-qui-peut est loin d’être bête. Elle connaît l’histoire du petit Chaperon Rouge et jette le loup dehors. La grand-mère intervient et demande à la fillette d’arrêter d’embêter l’animal. Ce loup est un gentil loup qu’elle héberge pour la nuit. La fillette s’excuse et s’en va ravie.
Philippe Corentin crée un personnage au tempérament fort qui va à l’encontre du personnage initiale. Le Petit Chaperon rouge de Perrault, plutôt naïf, se fait piégé facilement par le loup. Ici, les rôles sont inversés. C’est le loup et tous les animaux de la forêt qui sont inquiets de l’attitude effrayante de Mademoiselle Sauve-qui-peut. Les enfants apprécieront cet album très coloré et très drôle, dans son format à l’italienne. Philippe Corentin crée réellement un univers bien à part, un univers piquant et parodique vraiment remarquable.
Cd-Rom
Les Contes de Perrault, Encyclopédie de la littérature française, Bibliopolis, 1998.
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