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Moi mon ombre

Sélection des rédacteurs
Album
à partir de 6 ans
: 9782490253111
16.00
euros

L'avis de Ricochet

Moi mon ombre : avec un tel titre on attend une mise à distance « moi, mon ombre, elle…». En fait, ce n’est pas le cas. Au contraire, « moi mon ombre » introduit l’égalité, je suis mon ombre et réciproquement. Dès l’ouverture, le narrateur nous alerte : « Tous mes jours commencent par un lever d’ombres ». Cette indistinction entre le soleil, « la lumière qui fait bouger les choses ». et l’existence même du petit garçon qui en a conscience au travers de son ombre est très stimulante d’autant plus que le livre est construit par chapitres aux interrogations évocatrices où se confondent presque l’ombre et le double : « Est-ce que je suis mon ombre ? » ; « Est-ce que mon ombre a une ombre aussi ? » ; « Est-ce que mon ombre pèse le même poids que moi ? » ; « Est-ce que mon ombre sait qu’elle a un moi ? »; « Quand je suis seul avec mon ombre, est-ce que je suis seul ? » et, le plus beau, « Quand je dors, c’est mon ombre qui rêve ? ».

En réponse à chaque question, le personnage souligne des relations qui prennent du relief : la taille de l'ombre plus grande ou plus petite que lui ; la position de l’ombre (devant, derrière, de côté). Sébastien Joanniez a de très belles trouvailles : « J’ai tellement peur [...] qu’elle rencontre une ombrelle », « Je nous couche »…  

L’illustration d’Evelyne Mary accompagne très subtilement la conversation entre l’ombre et le narrateur. En effet, sur le fond blanc des pages, elle utilise deux couleurs, rouge-orangé et bleu ardoise, avec toutes sortes de transparences et de superpositions qui évoquent l’ombre claire ou sombre, celle qui danse, fuit, celle qui transforme les bras en ailes d’avion… Avec la même économie de moyens, elle définit, par ces mêmes couleurs, les masses stylisées du monde ou de la maison, combinant simplicité et suggestion.

Cette dialectique de l’ombre et de la lumière convoque des thématiques anciennes, la caverne de Platon, l’ombre et la lumière de l’esthétique de la Renaissance et d’autres titres puissants de la littérature jeunesse (Kitty Crowther ou Mélanie Rutten). Un livre passionnant et beau parce qu’il ouvre de multiples dimensions, scientifique, poétique, philosophique et existentielle.

Présentation par l'éditeur

« Est-ce que je suis mon ombre ? Est-ce que mon ombre pèse le même poids que moi ? Quand je dors, c’est mon ombre qui rêve ? » Autant de questions que se pose un petit garçon qui passe une journée ordinaire en compagnie de son ombre… ce duo nous entraîne dans une promenade poétique et philosophique.

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