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Le train fantôme

Sélection des rédacteurs
Album
à partir de 8 ans
: 9782377312504
17.50
euros

L'avis de Ricochet

Alors que son grand frère, Jonas, introverti et gothique, vient de prendre la fuite suite à une dispute avec ses parents, Lina décide de le retrouver. Elle se rend alors dans une fête foraine abandonnée, où elle sait que l’adolescent aime aller pour respirer et rêver. Errant parmi les attractions sinistres, la petite fille s’engage dans un vieux train fantôme, quand soudain, celui-ci démarre, entraînant Lina dans un lieu sombre peuplé de monstres et de squelettes…

À la lecture de cet album, on est tout d’abord émerveillé par ses magnifiques illustrations, réalisées à la « manière noire », très sombres mais pleines de détails. On est ensuite frappé par son message puissant, car sous ses airs d’accumulation de clichés horrifiques, l’histoire s’attaque en réalité à une thématique très lourde : le fait de se sentir tellement incompris et désespéré que l’on est prêt à commettre l’irréparable. Les parents de Jonas et Lina sont en effet très attachés à l’idée d’être « comme tout le monde », voulant ainsi empêcher leur fils d’exprimer sa véritable identité. Ils sont d’ailleurs représentés sous des traits rappelant étrangement Olive (la femme de Popeye) et Tintin, ce qui pourrait se rapprocher de la notion de conformisme qu’ils défendent, car ce sont deux personnages très célèbres et renvoyant une certaine image policée. Si on pourrait croire que cette uniformisation souhaitée par les parents ne concerne que les goûts vestimentaires et capillaires de Jonas, ses racines sont en fait bien plus profondes, ce qui cause une vraie souffrance à l’adolescent, qui se sent rejeté.

Le train fantôme, qui file toujours vite et s’engouffre toujours plus bas dans le monde des monstres, prend alors une signification encore plus sombre que celle qu’il renvoie au premier abord : il représente une métaphore du désespoir, de son enchaînement qui – comme le train de l’album – devient incontrôlable et inarrêtable jusqu’à mener à la mort. On trouve par ailleurs une prédominance d’yeux, de crânes et de spectres dans le décor. Outre leur lien évident avec le thème horrifique, ces éléments peuvent également dépeindre l’idée du regard inquisiteur des autres sur le goût de Jonas pour le morbide, ou même le fait que c’est ce regard qui le pousse finalement à visiter le royaume des morts. Mais heureusement, le personnage de Lina est là pour incarner l’espoir dans la vie de son frère : elle arrive finalement à atteindre la locomotive du train et à le contrôler un peu, et dans les illustrations, elle est associée à la lumière, ou en est la source. C’est également elle qui offre à Jonas la métaphore finale, celle du papillon qui sort de sa chrysalide pour s’envoler vers la liberté, comme lui-même pourra le faire plus tard. Un récit tout sauf léger donc, mais émouvant et important, et, cerise sur le gâteau, magnifiquement représenté. Un moyen délicat d’aborder le sujet du sentiment d’incompréhension, de rejet et du suicide avec le recul offert par le fantastique et les fantômes, monstres ou squelettes.

Présentation par l'éditeur

Lina, 8 ans, assiste impuissante aux disputes quotidiennes entre Jonas, son ado de grand frère au style gothique, et leurs parents. Après un ultime affrontement, Jonas claque la porte. Lina part à sa recherche. Elle erre dans l’ancienne fête foraine, où elle sait que son frère se rend souvent. Elle s’approche du Black Magical Express, le vieux train fantôme, appelle Jonas, monte dans un wagon