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Derrière le rideau de pluie

Sélection des rédacteurs
Michel Séméniako,
photographie
Roman
à partir de 14 ans
: 2844205232
13.00
euros

L'avis de Ricochet

Le narrateur, Achille Mornas (le bien-nommé), est un adolescent au quotidien tranquille ; il vit avec sa mère, femme forte et sereine : « […] j’étais très armé pour entrer dans la vie et pourtant, je ne vivais rien d’exceptionnel qui me permît d’exercer mes aptitudes dans ce domaine. » (p. 36). Son passage dans une galerie d’art et sa rencontre simultanée avec un couple de jeunes gens de son âge vont le transformer et lui donner l’élan nécessaire à un premier amour.

Rappelons d’abord le principe de la collection Photoroman : on confie à un auteur des photographies, qui devront changer la vie du héros de l’ouvrage qu’il écrira. Le croisement est étonnant ici, à y réfléchir lumineux. Le court roman au présent, composé de petits chapitres, commence par un exposé statique de ceux qui font partie de la vie d’Achille : « papa », « maman », « la bonne » (de la grand-mère, « fée » qui sera sa première amante), « et moi ? », avant de passer, à partir de la galerie d’art où il contemple les photographies, à une histoire d’amour brève. Face aux tableaux, Achille est touché esthétiquement et surtout psychologiquement : il a l’impression de soulever « un coin du voile » (p. 41), quoiqu’il soit bien en peine d’expliquer de quoi il s’agit (« Tout était comme avant et pourtant tout avait changé. » p. 79). Toujours est-il qu’il est maintenant capable, « confiant, [d’avancer] tranquillement vers un monde à déchiffrer » (p. 42). Soudainement, le moindre événement prend une saveur intense, l’amour de l’autre devient possible. De l’état passif d’un encore enfant, le narrateur devient adulte et autonome. Guillaume Le Touze trouve des mots fins et justes pour faire exprimer à Achille des sensations impalpables et ténues, écrivant ainsi un beau roman d’(un) apprentissage original, sans vraiment d’action mais qui fait pourtant parcourir un long chemin. Evidemment, les photographies qui bouleversent Achille sont celles proposées par l’éditeur Thierry Magnier à l’auteur. Et le lecteur sera ravi face à la signification réelle des images, celle voulue par l’artiste Michel Séméniako ; ce dernier a posé trois filtres de couleur différents sur ses œuvres nocturnes qui veulent signifier le parcours de clandestins : la fuite, l’errance, l’espoir. C’est finalement peu ou prou l’expérience intérieure déterminante que vit Achille… Guillaume Le Touze a lui aussi soulevé « un coin du voile ».

Seconde critique

L’écrivain crée son histoire en fonction de la série de photos qui lui est remise.
L’histoire commence : Première partie : 1er chapitre intitulé « Papa » :

« Mon père est parti de la maison qui allait devenir la mienne avant que je n’y arrive, laissant ma mère mener seule sa grossesse à terme. »

Le narrateur est un adolescent prénommé Achille.

2ème chapitre intitulé « Maman » : personnage important prénommé Solange, traductrice de l’allemand. Elle élève seule son fils Achille. Il adore sa mère.

Il dit d’elle : « (…) tant qu’elle est là, on peut compter sur elle’. Il nous confie l’éducation reçue : ‘ Grâce à ma mère, j’ai été confronté très tôt à l’ennui»..

Et à la fin de ce chapitre, il avoue : « C’est vrai, je ne suis pas peu fier d’être le fils de cette Solange… »

Et peu à peu, Achille va nous entraîner dans sa vie, autour de personnages comme sa grand-mère, Roxane, l’aide ménagère de celle-ci que l’on retrouvera plus tard dans le roman

L’auteur s’emploie à faire parler Achille en mêlant humour et finesse.

On sourit à la lecture de certains passages : ‘Pour compléter le dossier de ma grand-mère, notons que pour épouser, à dix-neuf ans, un Mr Legras, il faut être très enceinte, et surtout avoir une sacrée dose de confiance en soi ou d’inconscience pour ne pas imaginer qu’on puisse un jour regretter de s’appeler Mme Legras’

Deuxième partie

Dans le chapitre « Un coin du voile » : on quitte ce quotidien et Achille emmène le lecteur à la découverte d’un autre monde : « C’est une sensation plutôt agréable mais un peu inquiétante, je ne décide plus de rien, je m’abandonne à quelque chose qui me dépasse. (…)Confiant, j’avance tranquillement vers un monde à déchiffrer »
Où nous emmène Achille ?

Les photographies qui accompagnent le récit sont des paysages de nuit. Michel Séméniako crée un univers merveilleux, fantastique. Les couleurs : tantôt le vert, tantôt le bleu puis le vert à nouveau puis le rose.

MT Pierron

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