Aller au contenu principal

Colorado Train

Sélection des rédacteurs
Exprim'
Roman
à partir de 15 ans
362 pages
: 9782377310005
16.00
euros

L'avis de Ricochet

A Durango, en 1949, le temps semble glisser sur les Montagnes Rocheuses toutes proches. Les enfants rêvent et jouent. Ils jouent à se faire peur. Ils craignent le wendigo, une créature fantastique, mais tout autant certains adultes qui les entourent. Suzy s'inquiète pour son père, policier rongé par une affaire de meurtre d'enfant non résolue. Durham et George construisent une fusée dans un coin du garage du père de Durham. Don court jour et nuit pour échapper à une bande qui le harcèle. Michael et son petit frère grandissent malgré un père peut-être heureusement absent.

Un jour, un de leurs camarades d'école disparaît. On le retrouve un peu plus tard, en morceaux et à moitié dévoré. La petite ville est en émoi, les parents s'affolent. Nos amis sont déterminés à faire la lumière sur cette affaire à laquelle les policiers semblent n'entendre goutte. Armés de vélos, de cartes et de lampes de poche, ils tournent autour de la gare et des mines désaffectées, sur la piste d'un monstre, ou bien d'un humain. Mais n'est-ce pas souvent la même chose ?

C'est une réussite. D'une écriture alerte qui utilise souvent le discours indirect libre, Thibault Vermot offre le récit d'un narrateur externe captivé lui-même par les allers et venues de ces enfants. Très autonomes, à l'orée de l'adolescence, dotés d'une solide imagination, ils savent occuper leurs journées d'une vie qu'on dirait parallèle à celle des adultes. Mais ces derniers ne sont pas absents du livre, notamment le père de Suzy en proie à une culpabilité professionnelle dévorante.

De fait, chaque personnage ou presque semble habité de démons plus ou moins profonds avec lesquels il va devoir se construire. Le summum étant évidemment atteint lors des passage en italique relatant les pensées d'un ancien soldat devenu vagabond, et qui pourrait bien être le coupable… Complètement fou, vivant en dehors de toute morale, il n'en possède pas moins une psychologie élaborée. Cette réflexion sous-jacente sur la nature humaine donne toute sa profondeur à l'atmosphère américaine d'emblée plaisante du roman. Sous le paraître, un être qu'on n'aimerait pas toujours connaître…

A lire aussi : Je suis ta nuit de Loïc Le Borgne (Intervista, 2008)

« Une grande fatigue le prit. Il essuya la sueur qui lui tombait sur le front et il se concentra sur la route. Tout ça est réel ? Tout ça est vraiment arrivé ? Il n'y a aucun moyen de retourner en arrière ?… Alors c'est ça, grandir ? Il se disait ces choses pour la première fois de sa vie. » (p. 336)

Présentation par l'éditeur

Durango, 1949. La poussière rouge. L’Amérique profonde, à peine sortie de la deuxième Guerre.

C’est dans ce monde-là que grandissent Michael et ses copains. Durham et George passent des journées à construire une fusée ; le gros Don s’efforce d’échapper aux brutes du collège, tandis que Michael consigne les aventures de la bande dans son Cahier. L’enfance, les jeux, les rêves comme une