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Yaël Hassan

1 août 2005

Yaël Hassan est l'auteur d'une trentaine de livres pour la jeunesse, des romans essentiellement et quelques documentaires. Née à Paris en 1952, elle a vécu en Belgique, en Israël et en France où elle s'est installée depuis 1984. Un accident de voiture survenu en 1994 mettra fin à une carrière de plus de vingt ans dans le tourisme. Pendant cette longue période d'immobilisation, elle écrit son premier roman pour la jeunesse, " Un grand-père tombé du ciel " qui sera couronné par trois prix. ( Prix du Roman jeunesse, le Grand Prix du Jeune Lecteur de la PEEP et le prix Sorcières). Depuis, elle écrit des romans pour la jeunesse qui s'ancrent dans le vécu et suscitent l'émotion. Ils abordent souvent des thèmes forts et d'actualité comme le racisme, la Seconde Guerre Mondiale et ses conséquences, le conflit israélo-palestinien, l'intégration, les relations grand-parent/enfant, l'amitié,...


- A quel "héros"/personnage de fiction vous identifierez-vous volontiers ?

De fiction, pas vraiment, mais il est un personnage de livre auquel je me suis identifiée très jeune, c’est Anne Frank. J’avais douze ans et je voulais « être » Anne Frank. Elle a tracé mon chemin, mes choix de lecture, mes centres d’intérêt et, plus tard, mes choix d’écriture.

- Quelle utopie seriez-vous prêt(e) à défendre ?

La paix dans le monde.

- A part être écrivain ou illustrateur, que rêveriez-vous d'être ?

Je ne rêvais pas de devenir écrivain, je voulais juste écrire, ce que j’ai toujours fait depuis très jeune. J’écrivais des tonnes de choses dans ma tête, je noircissais des pages sans éprouver le besoin d’être lue… Je rêvais d’un métier qui me permette de voyager. C’est pour cela que, dans une première vie, j’ai travaillé pendant vingt ans dans le tourisme.

- Où écrivez-vous ? Quel est le lieu qui vous inspire le plus ?

J’écris là où je suis, là où je me trouve. L’écriture pour moi est intérieure. Aucun décor, aucun lieu ne m’inspire en particulier. J’écris dans le train, les hôtels, les terrasses, les parcs, aussi bien que chez moi.

- Quel est le sentiment qui vous habite le plus souvent ?

Quand j’écris ? Disons un mélange de fébrilité, d’excitation, d’implosion…

- Quel(s) genre(s) de livre(s) vous tombe(nt) des mains ?

La science-fiction, le fantastique, les BD et les polars. J’ai essayé à maintes reprises. Je n’y arrive pas.

- Que redoutiez-vous enfant ?

Une nouvelle Shoah.

- Vous arrive-t-il de côtoyer des êtres imaginaires ?

Non, je suis, je crois, trop terre à terre.

- Que feriez-vous ou diriez-vous à un ogre s'il vous arrivait d'en croiser un ?

De passer son chemin sans me prêter la moindre attention.

- Qu'avez-vous conservé de l'enfance ?

Plein de choses, je crois. Je pense que c’est quasi-obligatoire quand on écrit pour les enfants d’en avoir conservé une bonne part.

- Selon vous, qu'est-ce qui fait vendre un livre ?

J’avoue que je l’ignore. Si je le savais, je serais riche, à ce jour, non ?

- Quel qualificatif vous colle à la peau ?

Petite !

- Quelle est la meilleure phrase qu'un enfant vous ait dite ?

J’ai un gros problème, je n’aime que vous comme auteur.

- Quelle est votre définition du bonheur ?

Le bonheur ne peut-être qu’une série d’instants fugaces. Sinon, dans la durée, il ne veut plus rien dire.

- Si vous aviez la possibilité de recommencer, que changeriez-vous ?

Je ne sais pas… Rien, peut-être. Je devrais sans doute dire, mon accident… Mais non, lui aussi, je le garde. Je suis assez satisfaite de mon sort.

- Enfant, quel genre de lecteur étiez-vous ?

Vorace, insatiable.

- Vis-à-vis de quoi vous sentez-vous impuissant ?

La guerre, l’intolérance, la haine qui sont souvent le sujet de mes livres.

- Quel est l'animal auquel vous ressemblez le plus ? Pourquoi ?

Aucun. Je ne m’assimile pas au monde animal pour lequel j’avoue n’avoir pas le moindre attrait. Les enfants s’étonnent souvent que je ne parle jamais d’animaux dans mes livres. J’ai sans doute trop à dire sur les humains !

- Quel est le mot que vous préférez dans la langue française ?

Il y en a plein… Il y en a trop. Je suis amoureuse de tous les mots.

- Que souhaiteriez-vous que l'on retienne de vous ?

Mes livres.



Le premier livre, des prix, des objets souvenirs et des souvenirs objets, les amies de plume…





Vos livres

- Quelle est votre dernière sortie pour la jeunesse ?

Le dernier publié est : « La châtaigneraie », chez Casterman. Les sorties de rentrée sont : « Sacré Victor » (Magnard), « Le journal d’un enfant pendant la Seconde Guerre Mondiale » (Gallimard), et « L’ombre » (Bayard) co-écrit avec Rachel Hausfater.




- Le(s) livre(s) dans votre production dont vous êtes particulièrement fier ou qui vous laisse(nt) un souvenir particulier

Le premier, « Un grand-père tombé du ciel » (Casterman) grâce auquel l’aventure a commencé, « Tant que la terre pleurera » (Casterman), un livre sur le conflit israélo-palestinien dont l’écriture m’a déchirée.





- Quel est le thème que vous aimez davantage traiter ?

Il ne s’agit pas pour moi d’aimer mais de besoin. Je suis toujours mue par un besoin d’écriture, une sorte d’urgence à accomplir. Mais quel que soit le thème, j’aime passionnément écrire.

- D'où est né votre premier livre/ illustration ?

Je ne sais pas vraiment. C’est venu tout seul. Une histoire que je me racontais quand j’étais petite. Je rêvais souvent qu’un homme venait sonner à ma porte et me disait : « Je suis ton grand-père », alors que celui-ci fut assassiné par les nazis.

- Quel livre en littérature de jeunesse auriez-vous voulu écrire ou réaliser à la place d'un autre ?

Il y en a deux : O Boy, de Marie-Aude Murail et Lettres d’amour de 0 à 10 , de Susie Morgenstern

- Sur quel projet travaillez-vous actuellement ?

Sur plusieurs romans pour la jeunesse, mais aussi sur un très gros projet adulte sur la Shoah.

- Où et comment vous voyez-vous dans 10 ans ?

Où ? Je ne sais pas… Je suis une errante, j’aime bouger, changer de lieux. Comment ? Ecrivant, j’espère.



Ce que je transporte dans mon sac par monts et par vaux…





Références


Littérature de jeunesse


- Un livre pour la jeunesse qui vous a marqué petit ?

Le journal d’Anne Frank

- Quels sont vos auteurs-illustrateurs de référence ou qui pour vous développent une approche intéressante ?
Susie Morgenstern, Rachel Hausfater qui est mon amie-collègue-complice qui a une des plus belles plumes que je connaisse en jeunesse, mais j’aime également l’écriture de Jeanne Benameur, de Joe Hoestlandt. J’aime beaucoup aussi les albums jeunesse ; je trouve que nous avons en France une pléiade d’illustrateurs, souvent très jeunes, extrêmement talentueux. Quant à mes références, elles sont plutôt du côté des adultes : Modiano, Primo Levi, Wiesel.

- Quels sont vos livres "coups de cœur", les "incontournables" en littérature de jeunesse ?

Je ne sais pas s’ils sont « incontournables » mais moi j’aurais regretté de les avoir contournés. Il y en a plein. Parmi les plus récents : « L’incident bizarre du chien pendant la nuit » de Mark Haddon, « Simple » de Marie-Aude Murail, « Une bouteille dans la mer de Gaza », de Valérie Zénatti, « La valise d’Hana » de Karen Levine. Et puis, « Mon père couleur de nuit » de Carl Friedman, « La danse interdite » de Rachel Hausfater, « Le piège » de Anne Proovost. J’ai lu récemment un livre bouleversant, publié pour adultes mais que je recommande chaudement aux ados : Le sourire de l’ange, d’Emilie Frèche, chez Ramsay.


Culture
- Un film, une photo/illustration qui vous touche ?

Je ne suis pas très cinéphile. Mon film culte à moi demeure Rabbi Jacob qui me fait systématiquement pleurer de rire à chaque rediffusion. La photo qui m’émeut le plus est celle du petit garçon main levée dans le ghetto de Varsovie.

- Un musicien

Pas de musicien particulier mais la musique Klezmer m’émeut aux larmes. Je suis plutôt amateur de chansons à textes que je peux écouter en boucle : Anne Sylvestre, Brassens, Ferrat, Barbara,…

- Un lieu où vous aimeriez vivre

Au bord de la mer. J’y ai vécu pendant quatorze ans en Israël et j’ai adoré. Et puis, mais en rêve seulement, à Jerusalem.

- Une phrase (une devise) qui vous guide

Aide-toi, le Ciel t’aidera ! Parce que la chance ne vient jamais seule. Il faut lui donner un coup de pouce.


Actualité
- Vos dernières (bonnes) lectures ?
La nuit, d’Elie Wiesel (re-lecture), Wasserman, de Yoram Kaniuk, Suite française, d’Irène Nemirovsky, Une enfance marocaine, d’Anne Bragance, et enfin et surtout : L’ombre du vent, de Carlos Ruiz Zafon, c’est monumental !

- Un site (sur les techniques graphiques, un auteur-illustrateur, une approche particulière du texte, de la littérature...) que vous souhaitez recommander ?

Euh… Joker !



Pêle-mêle de cadeaux reçus dans les classes





Auteurs et illustrateurs en lien avec l'interview

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