L'avis de RicochetVenue de l’océan, Belle-Méduse veut récolter les odeurs de la ville. Comme elle est trop grosse pour rentrer dans le port, elle fait appel à Bobby Potemkine afin qu’il fasse la visite à sa place et lui transmette des informations. Bobby, contrarié, s’exécute tout de même.
Pénétrer dans l’univers de la Québecoise Manuela Draeger, c’est accepter de laisser toute logique à la porte. Dans chacun de ses romans publiés à l’Ecole des Loisirs, elle développe un monde imaginaire autour de son personnage récurrent, Bobby Potemkine. Ici, le paysage se fait à la fois maritime et urbain, rempli de crabes laineux, de tigres qui font pipi dans les escaliers, de tentes tremblantes servant de cabines téléphoniques et d’oursonnes blanches en liberté. Le héros narrateur évolue avec son amie Lili Nebraska, une sorte d’enquêtrice indépendante, violoniste à ses heures. Il ne faut pas chercher une quelconque suite dans les événements – au mieux une balade dans la rue - mais se laisser porter par la poésie des mots (« l’odeur de soufre des étoiles », p. 26), par leur humour étrange (« une odeur de balle de ping-pong abandonnée dans du vinaigre », p. 28). L’intérêt du lecteur est avivé par le décalage constant, les déformations qu’opère l’auteur sur la réalité que nous connaissons. L’atmosphère qui se dégage est mélancolique, à la limite de la tristesse, comme si l’auteur pointait le doigt sur la solitude moderne, les difficultés de communication. Un roman plus que déroutant, auquel on sait dès les premières pages adhérer ou non. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Ecole des Loisirs (L')En marge de la maison d'édition scolaire "L'Ecole", Jean Fabre crée en 1965 les éditions de L'Ecole des Loisirs. Avec Jean Delas et Arthur Hubschmid, ils vont constituer, au cours des années, un fonds de valeurs sûres de l'édition de jeunesse, venant du monde entier, qui leur permettra d'imposer leurs... |