L'avis de RicochetAntoine est en Sixième. Il a l’âge auquel on sent que l’on devient grand mais jamais autant qu’on le souhaiterait. Papa est chauffeur de taxi, maman débordée par d’éternelles copies à corriger et les copains ne se bousculent pas à la porte. Une vie ordinaire dans une petite ville de bord de mer. C’est sans compter sur un phénomène dont seul Antoine sera témoin, d’abord apeuré puis fasciné : la vie qui s’arrête, le temps suspendu, oiseaux en plein vol, enseignante en pleine dictée, passants pressés interrompus dans leur course, trafic immobile des heures de pointe, vagues figées, autoradios en pause… « Personne ne bouge » sauf Antoine. A chaque chapitre, sa nouvelle « fois » : la première, la deuxième…jusqu’à la plus belle puis les autres fois. Antoine tenté d’en profiter va d’abord se compliquer la vie. Puis, grandi par ce don secret, tel le prince charmant qui en réveillant la Belle au bois dormant fait reprendre le temps, il prend en mains le cours des choses, ses choses.
C’est ainsi que le jeune héros de ce récit merveilleux, réalise deux rêves de taille : suspendre le temps et avoir un don unique. On peut penser au scénario de films où le temps se répète, le héros étant le seul à avoir conscience qu’il revit éternellement la même journée, non sans angoisse. Ici la beauté et la liberté l’emportent sur la peur ; bel aboutissement d’un voyage initiatique dans le temps. Antoine fidèle aux sentiments adolescents, se sent différent des autres, comme s’il avait compris un truc en plus. Et même si son don lui confirme qu’il est singulier, il n’en témoignera pas, n’en attendra aucune admiration. Si Antoine a un second talent, c’est bien celui de l’humilité.
Le talent narratif d’Olivier Adam n’est plus à démontrer et l’on s’en délecte encore quand il écrit pour la jeunesse. Le décor qu’il plante est à la fois réel et poétique, les personnages contemporains nous ressemblent, l es dialogues efficaces cheminent et les émotions si justes résonnent.
Rassurez-vous « Personne ne bouge » n’est ni un ordre ni une menace. L’illustration de la couverture nous le suggère : plutôt un conte qui fait délicieusement grandir.
Claire Detcheverry Voir la chronique de Claire Detcheverry
Brève présentation par l'éditeurLa première fois, Antoine a eu vraiment la frousse. Il faisait ses devoirs dans la cuisine. Sa mère épluchait des carottes pour le dîner. C'est là que ça s'est produit. Un silence absolu. Et puis le monde autour de lui figé comme pour l'éternité. La deuxième fois, c'est arrivé au collège, au beau milieu d'une dictée. Antoine en a profité pour retoucher quelques copies et s'échapper, niais quand tout s'est remis en marche, il a fallu se justifier, et les choses ont pris un tour plus compliqué. La troisième fois que le temps s'est arrêté, Antoine a été moins surpris. Il est entré dans la maison voisine, jusque dans la chambre de Léa. Il n'a pas résisté. La plus belle fois, c'était un samedi sur la plage, et Antoine n'était plus seul... L'éditeur : Ecole des Loisirs (L')En marge de la maison d'édition scolaire "L'Ecole", Jean Fabre crée en 1965 les éditions de L'Ecole des Loisirs. Avec Jean Delas et Arthur Hubschmid, ils vont constituer, au cours des années, un fonds de valeurs sûres de l'édition de jeunesse, venant du monde entier, qui leur permettra d'imposer leurs... |