L'avis de RicochetAu moment où la guerre de la Guerre des boutons fait rage dans les salles de cinéma et où les rééditions du roman de Louis Pergaud, dont l’œuvre vient de passer dans le domaine public, fleurissent sur les tables des libraires, les éditions De La Martinière jeunesse proposent à leur tour une très jolie adaptation en bande dessinée du dit roman.
Cette adaptation fut tout d’abord publiée en trois volumes par l’éditeur rouennais, Petit à Petit. Le premier volume, paru en 2005, a permis à Valérie Vernay, alors toute jeune dessinatrice, de se faire connaître et de montrer son talent, conjuguant charme et délicatesse.
Dans sa nouvelle mouture, l’album reprend les deux premiers volumes de la série initiale.
Un prologue de deux planches explique la situation : la mésentente entre les deux villages de Longeverne et de Velran, dont l’origine est si lointaine qu’on ne la connaît plus. Puis vient la présentation des héros : Grand Gibus, Camus, Lebrac, Petit Gibus et La Crique, que la dessinatrice croque avec tendresse et drôlerie. Les premiers gnons entre les bandes rivales arrivent dès la quatrième planche, devant l’église, pour une banale histoire de voiture et de filles. A ne pas rater non plus la fameuse bataille de la rivière, où la troupe de Grand Gibus affronte courageusement l’ennemi dans le plus simple appareil, mais la tête protégée de casseroles et autres ustensiles culinaires. On prend un très grand plaisir à suivre cette guerre pour rire, grâce tout d’abord au dessin vif de V. Vernay, qui sait animer ses personnages et les doter de sentiments et d’expressions ; à la palette de couleurs plutôt tendres, qui donnent à l’album un petit air nostalgique comme sur les vieilles photographies. Enfin les dialogues, reprenant ceux de monsieur Pergaud, sont toujours aussi drôles, pleins de vie, du sens de la répartie et d’argot. Bref on se régale !
Voici donc une adaptation très réussie du roman de Louis Pergaud, que les enfants ne lisent plus beaucoup, sans doute parce qu’il est « trop copieux » et c’est bien dommage.
Catherine Gentile Voir la chronique de Catherine Gentile
Brève présentation par l'éditeurLongeverne et Velran. Deux villages dans lesquels, depuis des générations, on est élevé dans le mépris du camp adverse. Et l'on y commence très tôt. Dès qu'une rencontre est possible, l'armée de Longeverne vient défier celle de Velran. La lutte est âtre, les combats éprouvants, les guerriers valeureux, même s'ils sont hauts comme trois pommes. Depuis peu, la bataille prend un nouveau tournant : on coupe sur les vêtements des vaincus tout ce qui dépasse. Les bretelles, les lacets, les ceintures, et bien sûr les boutons ! L'album édité par La Martinière Jeunesse reprend sous une nouvelle couverture les 60 pages de BD de ces deux premiers tomes auxquelles s'ajouteront 8 pages pédagogiques faisant découvrir l'oeuvre originelle et ses adaptations cinématographiques. On apprendra notamment que la fameuse réplique de Tigibus " Si j'aurais su, j'aurais pas venu " n'appartient pas à l'œuvre de Louis Pergaud. Elle est apparue dans le film de Yves Robert en 1962 ! Un contexte favorable. Deux adaptations cinématographiques de l'œuvre de Louis Pergaud sont prévues pour l'automne. L'une est réalisée par Yann Samuell et mettra en scène Alain Chabat, Mathilde Seigner, et Eric Elmosnino. L'autre est réalisée par Christophe Barratier. On pourra y voir Kad Mérad, Gérard Jugnot, et Laetitia Casta. L'éditeur : La Martinière jeunesse Dès leur création, par Béatrice Decroix en 1995, les Editions De La Martinière Jeunesse innovent en proposant des essais qui répondent aux questions des adolescents. Pionnières en la matière, les collections « Oxygène », « Hydrogène » et « Ados »... |