L'avis de RicochetRécit d'une fuite, ce roman a pour narrateur un jeune Afghanistan déstabilisé par tout ce qu'il voit et vit dans son pays maltraité par les Taliban. Nous sommes en 1999 à Herat. C'est l'histoire de Sohail, le fils d'un leader de l'opposition parti vivre avec sa mère et sa soeur, Teya, aux Pays-Bas. Une histoire vraie racontée par l'écrivain néerlandais André Boesberg. A la maison, à l'école, et surtout dans la rue, dans une ville aussi aimée qu'affaiblie, défilent des personnages qui ne manquent pas de profondeur ni de force de tempérament. Même si la peur est partout. Sohail lui-même, garçon assez timide, se laisse aller à de petits actes de rébellion. Impossible de toujours retenir sa langue, d'être continuellement sur ses gardes et de laisser faire les pires horreurs sans poser une seule question. Et pourtant le moindre mot peut être fatal. Dans la rue, il suffit d'un rien, d'une tenue estimée incorrecte ou d'un turban oublié pour que les Taliban se déchaînent, que la violence s'abatte. Sans parler des exécutions sommaires effectuées en public et de la population tétanisée, obligée d'assister aux pires scènes.
Tandis que la première partie montre la vie quotidienne de Sohail et de sa famille, la deuxième évoque la fuite vers une terre d'asile. Celle-ci se déroule sans trop de problèmes, il faut dire que Sohail est le fils d'un opposant politique très impliqué dans l'organisation. N'importe quelle famille n'aurait sans doute pas eu le soutien ni les moyens d'un tel voyage. Le parcours est long, coûteux et risqué. De tout ça Sohail sortira changé et plus fort comme le laisse entendre les dernières pages du roman. L'auteur n'a pas cherché à choquer par des scènes ou des mots trop durs, mais il en dit suffisamment pour que l'on comprenne quelque peu le quotidien de la population afghane, à une période où le régime taliban a le pouvoir. On devine la terreur et le chaos. On comprend l'inquiétude, le désarroi et aussi l'espoir des personnages. C'est sobre et précis, sans caricature. Comme dans la vie jamais très rose : ni blanche ni noire.
Pascale Pineau Voir la chronique de Pascale Pineau
Brève présentation par l'éditeurRoman inspiré de l’histoire vécue de Sohail Wahedi, fils d’un leader de la résistance au régime des taliban en Afghanistan. La première partie du livre raconte le quotidien de Sohail et de son ami Obeid dans la ville d’Herat. La deuxième partie montre sa fuite, avec sa mère et sa soeur, à travers la montagne, puis la Russie, la Pologne,
l’Allemagne et, enfin, l’arrivée aux Pays-Bas, où ils demandent l’asile politique. Ce récit très réaliste nous est présenté par le filtre des sentiments et des émotions de Sohail. Il est à la fois très informé et très humain quant au vécu quotidien sous le régime des taliban. Sohail ne sait jamais jusqu’à quel point croire son interlocuteur, fût-ce son meilleur ami, son père ou sa soeur. Plus on avance, plus la famille de Sohail est en danger et plus le livre est passionnant. La deuxième partie sur le voyage, la fuite est particulièrement prenante et émouvante. Cela ne sent jamais le témoignage ou le documentaire, c’est un vrai roman, même si c’est aussi un documentaire et un témoignage. L’auteur montre très adroitement que les réfugiés politiques n’ont pas choisi de venir en Occident,
que c’est pour eux le dernier recours et qu’ils ont tout perdu : leur pays, leur identité, leur histoire et ceux qui leur sont chers. L'éditeur : Thierry MagnierEnseignant, libraire, chargé de communication pour plusieurs groupements de libraires, rédacteur en chef d'une revue et auteur d'un album chez Gallimard jeunesse, Thierry Magnier a créé sa maison d'édition en 1998. |