L'avis de RicochetLewis Carroll écrit « A travers le miroir » en 1871. Si ce texte est la suite de « Alice au pays des merveilles », puisque l’héroïne en est toujours Alice, il est beaucoup moins connu et lu, et sans doute plus difficile d’accès.
Lors d’une après-midi d’hiver, Alice s’ennuie et entreprend d’apprendre les échecs à sa petite chatte Kitty et se livre à son jeu favori : « Faisons semblant de … ». Tout en jouant, elle se hisse sur la cheminée, devant le grand miroir dont le verre s’efface peu à peu. Alice se retrouve alors de l’autre côté, dans un monde inversé, où elle rencontre les pièces du jeu d’échec et toutes sortes d’insectes , de fleurs et d’animaux étranges, tous doués de parole. Elle évolue dans cet univers singulier et déroutant, prend des chemins de traverse, tel un pion qui, peu à peu, devient reine.
Telle est la trame de ce texte, publié ici dans son intégralité et traduit par Jacques Papy.
Derrière l’apparente légèreté du récit, pimenté de ce nonsense que Lewis Carroll explore sans cesse et de dialogues savoureux, il y a le rêve, l’inquiétude, la liberté des personnages qui se gaussent des convenances et n’en font qu’à leur tête.
Lostfish est une jeune illustratrice, née dans le sud de la France, dont le travail, aussi, est singulier. Elle s’empare du texte de Lewis Carroll et crée un univers féérique décalé, un monde fantasque qui invite le lecteur à regarder au-delà des apparences et à accepter qu’on l’entraîne sur des sentiers inconnus. Les couleurs pastel et les traits fins ne créent pas de douceur. Son Alice est mi-enfant, mi femme. Ses personnages, sous des dehors graciles, délicats, presque diaphanes, ont quelque chose d’inquiétant dans le regard. Les petites filles ne sont pas innocentes. Les animaux merveilleux sont presque monstrueux. Avec Lostfish, on est loin des représentations naïves que l’on a pu voir d’Alice. La féérie n’est donc qu’apparente, le conte s’assombrit et le lecteur frissonne. Nous ne sommes pas loin des univers de Tim Burton.
« De l’autre côté du miroir » n’est pas un texte pour enfants. Lostfish le place délibérément dans un univers plus adulte. Elle engendre, chez ses lecteurs des sentiments mêlés, elle dérange et fascine.
Catherine Gentile Voir la chronique de Catherine Gentile
Brève présentation par l'éditeurAprès Les Contes Macabres par Benjamin Lacombe, la collection Métamorphose vous propose une édition illustrée du second chef d’oeuvre de Lewis Carroll : Alice, à travers le miroir par LostFish, préfacée par l’un des maîtres du Lowbrow Art, Trevor Brown ! Talentueuse illustratrice, LostFish commence son parcours créatif comme character designer freelance, mais se tourne rapidement vers un univers plus artistique, en créant des peintures digitales. Ses influences sont surtout classiques, inspirées des peintres flamands et de l’art du XIXe siècle, aussi bien en peinture qu’en photographie. La femme poupée est un thème qu’elle exploite dans chacun de ses travaux, des visages enfantins au regard lointain, des postures figées ou disloquées ; des jeunes filles étranges et parfois dérangeantes, mi-femmes, mi-enfants. C’est donc naturellement que son choix s’est tourné vers Alice, à travers le miroir, un roman placé sous le signe de la féerie, mais qui n’en conserve que l’apparence... L'éditeur : Soleil ProductionsSoleil Productions est un éditeur français de bande dessinée localisé à Toulon. Cette maison d'édition a vu le jour en 1982 avec l'ouverture par Mourad Boudjellal, de la librairie Bédulle. Soleil Productions commence par rééditer des aventures à succès comme Rahan, Mandrake le magicien, Tarzan ou Le... |