L'avis de RicochetDurant la Première Guerre mondiale, Stravinsky s’est réfugié sur le sol neutre de la Suisse. Il y a rencontré l’écrivain et poète helvétique Charles-Ferdinand Ramuz. Ensemble, ils ont créé, en cette période de pénurie et de privation, un spectacle moins coûteux que l’opéra et pouvant être joué partout, même dans les villages. L’histoire du soldat est inspirée d’un conte russe que le musicien exilé a fait connaître à Ramuz.
Trois personnages – le soldat, le diable et la princesse – sont interprétés par un unique récitent, alors que la partition très exigeante de Stravinsky est exécutée par sept musiciens. Cette œuvre a marqué la naissance du théâtre musical au XXe siècle qui mêle musique, théâtre parlé, danse et mime.
L’histoire est celle de Joseph Dupraz, un soldat d’infanterie, qui possède un violon pour toute richesse. Lors d’une permission, il rencontre un vieil homme qui lui propose d’échanger son instrument contre un livre capable de prédire l’avenir et de lui assurer la richesse. Séduit et avide de s’approprier pareil pouvoir, Joseph accepte le marché. Le pauvre naïf comprendra trop tard qu’il a été trompé par le diable en personne…
C’est dans la cour des grands que nous sommes ici conviés. Sur le disque, l’œuvre de Stravinsky est interprétée par l’Orchestre de la Garde républicaine, alors que Denis Lavant incarne tour à tour les personnages imaginés par Ramuz. A la première écoute, cette version du conte peut sembler réservée aux initiés : les harmonies dissonantes associées au diable, sa voix criarde et saisissante sont peu usuelles quand elles s’adressent aux enfants. Heureusement, la dramaturge Agnès Terrier résume et commente les scènes dans le livre. Véritable support à l’écoute, l’album fonctionne comme un décor dont on tournerait les pages. Et quel décor ! Ce sont des tableaux somptueux que nous livre Nathalie Novi, dont le talent n’a décidément d’égal que la taille de ses chapeaux.
Claude-Anne Choffat Voir la chronique de Claude-Anne Choffat
L'éditeur : Didier JeunesseLa première collection jeunesse voit le jour au sein des éditions Didier en 1988 sous l'impulsion d'une équipe de pédagogues (chercheurs au Crédif) s'intéressant à l'apprentissage du français auprès des étrangers. Il s'agit des Petits Lascars, six recueils de comptines et d’histoires accompagnées de... |