L'avis de RicochetC’est une histoire toute simple, un petit conte qui a l’air de rien, et pourtant il dit beaucoup.
Un jeune garçon raconte comment, un matin de beau temps, une dizaine de personnes ont sonné à la porte de la maison. C’était des étrangers puisqu’ils ne parlaient pas la langue du village ni celles des autres villages, très grands.
Les parents du garçon les ont invités à entrer. Ils se sont installés, ont partagé les repas de la famille, ont dormi dans la maison. Puis d’autres sont venus, ont été accueillis de la même façon chez les autres familles, dans les autres villages. Ils étaient aimables mais n’ont pas cherché à parler la langue de ceux qui les accueillaient. Ils leur ont appris la leur. Puis ils ont donné des graines à planter dans le sable pour que les récoltes soient plus abondantes. Et les villageois ont travaillé, sans relâche, tandis que les invités les regardaient, sans rien faire. Puis ils ont emmené les récoltes, la nuit, sans explication. Ils sont devenus moins aimables, ils agissaient comme si ils étaient chez eux, comme s’ils étaient les maîtres sur une terre qui n’était pas la leur. Alors les villageois se sont révoltés, ont voulu chasser ces étranges invités. Il y a eu des morts, de la douleur, du bruit et de la fureur. Mais les villageois ont gagné, ont pleuré leurs morts et ont reconstruit leur vie et leurs villages.
Ce que raconte ce jeune garçon, avec ses mots et sa naïveté de petit garçon, cela s’appelle la colonisation.
Les mots de Charlotte Moundlic sont simples mais tellement forts ! Elle dit parfaitement les mécanismes qui s’installent lorsqu’un peuple qui se pense supérieur en asservit un autre.
Un petit livre à lire, à faire lire, à partager, à discuter, très largement.
Catherine Gentile Voir la chronique de Catherine Gentile
L'éditeur : Thierry MagnierEnseignant, libraire, chargé de communication pour plusieurs groupements de libraires, rédacteur en chef d'une revue et auteur d'un album chez Gallimard jeunesse, Thierry Magnier a créé sa maison d'édition en 1998. |