L'avis de RicochetTom se désespère de passer encore les vacances d'hiver seul à la maison, à attendre le retour du travail de ses parents. Sur un coup de tête, il prend le train avec dix euros en poche. Une chaleureuse mère de famille, Nadège, l'intercepte heureusement et cherche à comprendre son malaise.
Suivi à la troisième personne, Tom apparaît tout du long du roman comme étranger à lui-même, ballotté par les adultes et les événements. Ce qui ne veut pas dire qu'il a perdu ses instincts de survie, puisque le grand dos protecteur de Nadège l'attire irrésistiblement. Cette dernière perce sans trop de mal la bulle du jeune garçon épidermique, et lui offre une autre vision de la vie : "Il faut rire, même quand la tristesse coule comme du sirop dans tes veines." (p. 57). Fausse mama africaine (halte aux stéréotypes, semble nous dire l'auteur) mais vraie optimiste qui a pourtant son lot de soucis, Nadège joue le fameux rôle de tiers, de thérapeute propre à débloquer une situation familiale. En guise de happy end, les parents de Tom ne lui reprochent pas sa fugue, le prennent au contraire dans leurs bras. Ce petit miracle de Noël défie un sujet original pour ne pas dire tabou, un mal insidieux du XXIème siècle que les jeunes lecteurs reconnaîtront sûrement... et, après la boxe, Richard Couaillet s'affirme définitivement comme une plume hors des sentiers battus.
Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Actes Sud junior En 1995, les éditions Actes Sud publient leurs premiers livres jeunesse et, peu à peu, s’affirme le désir de créer, sous la marque Actes Sud Junior, un véritable département.
En 2006, une page se... |