L'avis de RicochetLa famille Niwicka a tout pour être heureuse : de l'argent, une belle maison, la santé. Mais les apparences sont trompeuses. Chacun vit de manière isolée, réconfortée par sa petite drogue, plus ou moins dangereuse. Le plus jeune fils va en faire les frais.
Véritable drame de la modernité, l'histoire est construite en deux temps nettement séparés : avant l'accident, et après. Avant, la parole est donnée à chacun des personnages, dans un effet choral qui permet de poser et même nuancer la situation. Après, Jacek, le fils restant, se fait narrateur. Il exprime alors sa détresse, ses errances pour trouver sa place au sein d'une famille qui a comme explosé en silence. Dans un présent simple de proximité, l'écriture témoigne à la fois d'une réserve pour ne pas dire d'un secret, et d'une grande intensité ; elle suit en cela au plus près non seulement le psychisme et les hésitations complexes du héros, mais aussi le phénomène d'incommunicabilité entre les membres de la famille. Héro, mon amour constitue également un solide plaidoyer par l'exemple contre les drogues en tous genres, lesquelles sont envisagées davantage sous leur angle psychologique que physique : les bassesses et mensonges qu'elles entraînent n'ont pas de limites ici. Un beau roman intime à consonance sociale. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Thierry MagnierEnseignant, libraire, chargé de communication pour plusieurs groupements de libraires, rédacteur en chef d'une revue et auteur d'un album chez Gallimard jeunesse, Thierry Magnier a créé sa maison d'édition en 1998. |