L'avis de RicochetMartin aime Marie, qui, elle, va l’aimer pendant soixante minutes exactement. A partir de ce chagrin, le narrateur Martin raconte sa vie. Sa mère est décédée, son père va mal, et il traîne avec des amis tout aussi bancals que lui. Martin Page est un auteur très original, farouche adepte du ton décalé ; sous les apparences factuelles et l’humour flegmatique du récit, tout fait sens pour dévoiler des fêlures. Les amis traînent sur un chantier parce qu’ils sont eux-mêmes en construction, le père enterre le chien en plein milieu du jardin pour s’habituer à la disparition de la mère, etc. Le héros a une capacité d’introspection très particulière, et l’essentiel de son propos se compose de ce type de remarques et déductions psychanalysantes, sur les autres et sur lui : « Il me semblait que, en même temps que je grandissais, je devenais adulte, de nouveaux espaces étaient créés en moi, comme si j’étais extensible » (p. 54). Cela pourrait virer à un déballage de poncifs, à un roman d’apprentissage concentré en soixante petites pages, mais Martin garde toujours une pudeur, une gravité désillusionnée qui frappent le lecteur et font qu’on adhère à ses sentiments de jeune homme un peu perdu. Quant au titre à consonance fantastique… à vous de l’interpréter comme vous le souhaitez, nous laisse-t-on entendre ! Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Ecole des Loisirs (L')En marge de la maison d'édition scolaire "L'Ecole", Jean Fabre crée en 1965 les éditions de L'Ecole des Loisirs. Avec Jean Delas et Arthur Hubschmid, ils vont constituer, au cours des années, un fonds de valeurs sûres de l'édition de jeunesse, venant du monde entier, qui leur permettra d'imposer leurs... |