L'avis de Ricochet1955, Alabama. Jeune garçon de couleur noire, Jessy vit avec son père. Tous les jours, il est victime de discriminations, témoin de sévices et de meurtres contre d'autres Noirs. Il rencontre alors trois jazzmen venus du nord des Etats-Unis (dont un certain Miles Davis) : c'est la révélation. Jessy entame une série d'actions plus ou moins souterraines pour affirmer son égalité avec les Blancs. Très vite, il est repéré ; son père et lui fuient la ville. Une course-poursuite dramatique commence...
Professeur, Stéphane Tamaillon sait planter un contexte historique en quelques lignes, donnant les informations nécessaires à la compréhension sans tomber dans le didactisme ou l'abus de notes de bas de page ; charge au lecteur d'aller plus loin s'il le souhaite. Son personnage de Jessy, suivi par un narrateur omniscient, nous fait ensuite directement vivre la manière arbitraire, précipitée dont la vie d'un homme noir pouvait basculer à l'époque de la ségrégation américaine. Avec justesse, l'émotion reste contenue dans les faits, les détails absurdes tels ces deux cimetières d'animaux dans une seule petite ville : un pour les Noirs, un pour les Blancs. Si l'auteur rend compte de la cruauté raciste des Blancs - et du fameux Ku Klux Klan -, il donne aussi à voir les réactions des Noirs : la plupart observaient une attitude certes lucide mais résignée voire soumise, comme le père de Jessy. C'est dire le courage de Rosa Parks, et du jeune Jessy... Il n'y a pas vraiment de happy end au roman, simplement une constatation rapide des avancées et des malheureuses limites en matière de racisme aux Etats-Unis.
Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Seuil JeunesseCréées en 1935 par le publicitaire Henri Sjöberg, les éditions du Seuil n'ont jusqu'en 1945 qu'une activité restreinte. Dès 1945, la parution du Journal d'un prêtre-ouvrier en Allemagne d'Henri Perrin marque la maison. Les éditions se spécialiseront dans les sciences humaines (revue Esprit... |