Olivia Kidney
Too Much
Minucette et la tortue géante
Too much

Too much

Auteur : Ellen Potter
Traducteur : Nathalie M.-C.Laverroux
Editeur : Seuil Jeunesse
Collection : Chapitre
Mars 2008 - 8,50 Euros
Roman à partir de 10 ans

L'avis de Ricochet

Réedition - Les parents de Clara Frankofile tiennent le très chic restaurant new-yorkais le Too Much. Chaque jour, Clara se tient à une table d’où elle décide qui a le droit de fréquenter l’établissement, et toute personne jugée « sans importance » est renvoyée. Son monde est bouleversé par cette phrase d’un vieil ami congédié : « Tu n’as pas remarqué quelque chose de très spécial et de très mystérieux qui se déroule juste sous ton nez. » (p. 59). Avec la jeune Annabelle, spécialiste des cambriolages, elle enquête sur une aide-cuisinière. Cette Audrey cache un secret, un chagrin d’amour vieux de deux cents ans…

Ellen Potter affectionne le flirt avec l’étrange, et Too Much apparaît comme une variation – réussie – sur Olivia Kidney. L’héroïne principale est une jeune fille solitaire, très liée au métier de ses parents. L’intrigue joue sur un lieu d’habitation chargé de souvenirs du passé ; des scènes oniriques décrivent les appartements (les salles de jeux de Clara évoquent un peu la chocolaterie de Roald Dahl), et l’énigme à résoudre comporte un fantôme cachant une peine – un véritable drame de la vie - qui l’empêchait de disparaître. Un narrateur externe et une écriture un peu froide, objective, accentuent le suspense et le malaise. Ici, le personnage d’Annabelle apporte le contrepoint fantaisiste nécessaire à l’évolution de Clara vers plus de souplesse et de gentillesse. Cette fiction fantastique tout à fait originale et qui mérite à elle seule la lecture se double ici d’une critique du système des « people » et de l’éphémère célébrité. Journaliste indigne, riches dames ridicules, professeur proclamée star, et même le restaurateur, Frankofile le bien-nommé, sont épinglés avec finesse mais sans rédemption possible. A lire donc, en attendant un troisième roman qui devra savoir se renouveler.

Sophie Pilaire
Voir la chronique de Sophie Pilaire

L'éditeur : Seuil Jeunesse

Créées en 1935 par le publicitaire Henri Sjöberg, les éditions du Seuil n'ont jusqu'en 1945 qu'une activité restreinte. Dès 1945, la parution du Journal d'un prêtre-ouvrier en Allemagne d'Henri Perrin marque la maison. Les éditions se spécialiseront dans les sciences humaines (revue Esprit...