L'avis de RicochetPierrot, Goupil et le Verveur roulent leur bosse dans les rues de Paris, à l’aube du XXe siècle. Enfants de la Zone, orphelins, ils vivent de rapines et de petites arnaques. Souvent ils se retrouvent chez Gudule, l’Auvergnat du coin de la rue de Lappe. Une nuit, après avoir abusé de l’eau d’aff et des danses avec le Chauffeur, la jeune Victorine est enlevée. Puis c’est au tour d’Huguette, dans les mêmes circonstances. Feuillade, le policier, soupçonne le Chauffeur, connu pour son sombre passé. De son côté, Pierrot craint pour Blandine, une belle lavandière dont il est secrètement épris. Pour la protéger, il mène sa petite enquête sur celui qu’on surnomme « L’Ogre de la Couronne ».
Dans ce premier roman, Stéphane Tamaillon nous entraîne dans le Paris de 1900. Celui de l’Exposition Universelle, des cafés remplis d’ouvriers, de la Zone et des enfants des rues. L’auteur réussit à peindre un portait vivant et réaliste de cette capitale en ébullition, notamment grâce aux descriptions : « Il y avait davantage de cafés-charbons dans cette rue que de fenêtres à une maison bourgeoise. » (p.8), à des dialogues et à un vocabulaire regorgeant d’argot titi parisien gouailleur « Je m’apprêtais à fouiller dans les poubelles, à la recherche d’un peu de bidoche, quand ils se sont amenés » (p.60)
Les personnages, s’ils manquent peut-être d’épaisseur psychologique, remplissent chacun un rôle déterminant dans l’intrigue.
Par un astucieux jeu de points de vue, le narrateur omniscient nous fait parfois partager les idées du tueur. Cela permet parfois au lecteur d’avoir une longueur d’avance sur les personnages. De même, lorsque les victimes sont enlevées, elles reconnaissent leur agresseur, mais le lecteur n’est pas mis dans la confidence. Le suspens est ainsi établi et entretenu…
Toutefois, les événements s’articulent parfois de manière un peu artificielle, et les personnages donnent l’impression d’être seuls dans Paris.
D’autre part, celui qui s’avère être le coupable ne fait qu’une brève apparition (p 30 à 34), et ses motifs à tuer ces jeunes filles sont un peu tirés par les cheveux.
Une belle immersion dans le Paris 1900, un style original, mais une intrigue policière un peu légère. Cécile Gaultier Voir la chronique de Cécile Gaultier
L'éditeur : 400 coups (éditions Les)Les Editions Les 400 Coups existent au Québec depuis 1994 et ont progressivement pris pied en France à l'aube de ce nouveau siècle. Consacrées à plus de 80% à l'édition jeunesse, les 400 Coups, à travers toute une série de collections ( "Comme 3 pommes"," Ma langue au chat", "Grimace",... |
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