La route des ossements


La vengeance du chat assassin
Mauvais rêves
Il faut sauver le petit chat !
La route des ossements

La route des ossements

Auteur : Anne Fine
Traducteur : Myriam Amfreville et Sophie Aslanides
Editeur : Ecole des Loisirs (L')
Collection : Médium
Septembre 2008 - 10 Euros
Roman à partir de 12 ans
Ce livre fait partie de la sélection de Ricochet
Thèmes : Dictature, Citoyenneté, tolérance, société

L'avis de Ricochet

Youri habite un petit village avec ses parents et sa grand-mère. Cette dernière lui raconte des histoires passées à l’époque du Tsar, avant la Glorieuse Révolution, qui – la vieille dame n’hésite pas à le dire -, a inauguré l’instauration d’un régime fait de tout autant de misère et de terreur. Youri éveille ainsi rapidement sa conscience politique. A la mort injuste de son ami Aliocha, il s’enfuit. Il est rattrapé par l’armée, et, après un voyage éprouvant en train, rejoint un camp de travail. Une (sur)vie s’organise, les années passent, jusqu’à son évasion. Youri décide d’intégrer la résistance.
Le lieu n’est jamais nommé, mais les événements rappellent furieusement l’URSS de Lénine, mâtinée d’un brin de Chine maoïste dans les termes employés, toujours en majuscules (le « Grand Timonier », le « Grand Pas en avant »). Le narrateur Youri a sept ans au début de l’histoire, dix-huit à la fin ; des ellipses permettent d’accentuer les passages-clés, laissant le long temps des camps s’engluer dans une répétition quotidienne d’horreur. Anne Fine adopte pour les décrire une posture réaliste, n’épargnant aucun détail cru sur la promiscuité, les maladies, la saleté, etc, qui y règnent. Son héros n’est pas vraiment un introspectif ou un réflexif ; une fois qu’il a exposé ses idées de justice et d’égalité, il montre plutôt au lecteur des anecdotes, des récits de vie, et les faits parlent d’eux-mêmes. Youri observe ceux qu’il côtoie, analyse leurs réactions : peur, refus intérieur, opportunisme, interrogations sur Dieu… La majorité des ex-révolutionnaires ont été dépassés par les événements, à l’instar des parents du jeune homme, tandis que les plus âgés ont eu la sagesse de comprendre tout de suite que les gouvernants passent sans qu’il y ait de changements pour le peuple. La fin, complètement ouverte, laisse un goût amer, le choix de Youri étant compréhensible mais radical. Un beau roman dur et fort, qui se décline malheureusement à toute dictature de la planète.

Sophie Pilaire
Voir la chronique de Sophie Pilaire

L'éditeur : Ecole des Loisirs (L')

En marge de la maison d'édition scolaire "L'Ecole", Jean Fabre crée en 1965 les éditions de L'Ecole des Loisirs. Avec Jean Delas et Arthur Hubschmid, ils vont constituer, au cours des années, un fonds de valeurs sûres de l'édition de jeunesse, venant du monde entier, qui leur permettra d'imposer leurs...

L'avis des internautes

(Les avis exprimés ci-dessous n'engagent que leurs auteurs)
Un roman d'apprentissage sur la vie d'un jeune garçon sous la dictature. Un livre qui tranche avec ceux que publie habituellement Anne Fine, mais qui vaut la peine d'être lu !
Commentaire posté le 01/02/2011 11:56 par rachel [Adulte]