L'avis de RicochetDans les années soixante, la famille du jeune Gang Ming revient dans sa Chine natale. Le choc est dur pour ces bourgeois d’Indonésie qui découvrent une vie spartiate, dominée sans partage par l’idéologie maoïste. La jeune Tai Sen, habituée à cet état de fait, les aide à s’installer et trouver leurs marques. Puis, Gang Ming et Tai Sen grandissent, leurs chemins se séparent…
Tour à tour, chacun des deux jeunes prend la parole, racontant son quotidien, qui touche parfois celui de l’autre, notamment quand il s’agit de s’entraider matériellement, mais pas forcément, et même de moins en moins au fil des ans, comme si l’atmosphère paranoïaque qui gagnait la Chine de cette époque détruisait aussi les relations humaines. Le naïf et immature Gang Ming ne voit pas plus loin que le bout de ses envies personnelles, à savoir éviter l’école pour s’amuser et éventuellement travailler en mécanique. Il rentre largement dans le moule de la Révolution culturelle, au contraire de ses parents – son père est professeur – qui supportent difficilement l’état d’esprit régnant. La jolie Tai Sen, alors même que son père est un fonctionnaire important dans le village (mais pas dupe du tout), a elle beaucoup plus de recul et réussit à louvoyer entre les règles du régime pour vivre du mieux possible et apprendre la danse, sa passion. L’envoi en rééducation de sa mère illustre toutefois bien qu’ « on ne ressort pas de la gueule du tigre » (p. 39), même si on lui a obéi… Les deux derniers chapitres font un bond en avant dans le temps pour montrer une Tai Sen maîtresse femme, toujours dans la danse, et un Gang Ming parti à l’étranger, sauvé de justesse non parce qu’il a compris le danger maoïste, mais sous la pression de ses parents et devant le rejet de Tai Sen comme amoureuse. Sur un thème pas si courant en littérature de jeunesse, Anne Thiollier rend compte avec proximité et une grande justesse historique de destins croisés, de réactions différentes face à de mêmes événements politiques. A lire sans hésiter ! Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Gallimard JeunesseC'est en 1972, que Pierre Marchand fonde le département Gallimard Jeunesse, avec Jean-Olivier Héron, tous deux fondateurs de la revue Voiles et Voiliers. Leur ambition est de placer la qualité artistique de leur production au niveau de la réputation littéraire de la prestigieuse maison. D'emblée, ils... |