L'avis de RicochetMaximilien vit à Paris avec sa grand-mère. En cet été 1914, il distribue à la criée le journal Le Matin, et rêve de devenir reporter. L’annonce de la guerre lui apparaît comme une formidable chance de réaliser son ambition. Sans rien dire, il s’improvise correspondant de guerre et monte au front. Là, il interroge les biffins (soldats) éreintés, et il pense d’abord que leurs discours sur les horreurs de la guerre sont exagérés. Mais bientôt, accompagné de Gaston, il se fait passer pour un soldat et se voit forcé de combattre… Maximilien ne reviendra pas indemne.
Jeune homme pas banal, grand enfant naïf rattrapé par la réalité, Maximilien est suivi par un narrateur omniscient qui introduit une distance tout à fait propice à suggérer l’horrible. Le journal de Max est rendu seulement par extraits, avec le commentaire critique de celui qui l’écrit : le garçon se veut journaliste, et il relate les événements comme un écrivain, avec passion. Le lecteur ne peut ainsi jamais être complètement pris dans les émotions du héros ; il partage aussi d’autres points de vue – celui de Gaston est un contrepoint -, et un recul d’informations historiques distillées dans le texte et dans les nombreuses notes de bas de page. Le rapport de ce roman à la mémoire est subtil, complexe : Max se rappelle ses lectures sur la guerre contre la Prusse de 1870, il écrit des carnets pour mieux se souvenir, mais il perd la mémoire dans une explosion. Des années plus tard, il réfléchira au devoir de mémoire, trop tard pour voir venir une deuxième guerre… Un ouvrage de facture classique qui se lit facilement et remplit bien sa mission pédagogique. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Gulf Stream Editeur C’est en 1984 que les Éditions du Gulf Stream sont nées en publiant des images, affiches et cartes postales, principalement sur le thème de la mer.
À partir de 2002, les éditions se lancent dans l’inventaire de notre patrimoine vivant... |