L'avis de RicochetDans le sommaire, le livre est bien structuré en cinq parties, qui abordent la question du travail par différents angles progressifs. A la lecture, c’est plus délicat, à la fois visuellement (la mise en page austère n’est pas très transparente) et intellectuellement. Le narrateur, qu’on peut sans doute identifier à l’auteur, discourt sans liens logiques explicites, se rattachant parfois aux citations de philosophes, sociologues… des pages de gauche, qui émaillent le texte et que le jeune lecteur ne parcourt pas forcément du premier coup. On s’adresse ici à des adolescents, voire à des jeunes adultes habitués de la philosophie. Et pourtant, le « je », qui décidément s’implique beaucoup, parle à son lecteur comme à un enfant de 8-10 ans, présupposant qu’il a une vision noire du travail via ses parents fatigués le soir, imaginant qu’il a du mal à se concentrer : « Je ne voudrais pas que tu croies, puisque je sens que tu t’impatientes et que tu regardes déjà par la fenêtre, que je t’exhorte à t’aventurer dans le hors-norme du monde sans travail. » (p. 69). Le ton est pontifiant, pénible parfois, usant d’un vocabulaire exagérément compliqué (« extime »), faisant expliquer à une petite chouette dans les marges un mot aussi simple que « ballet » mais pas « antihéros ». Dommage, car le contenu est très intéressant, actuel, proposant des pistes de réflexion diverses aussi bien sur l’absence de liberté au travail, le retranchement de la nature qu’il impose, la souffrance qu’il peut induire, mais aussi le lien social qu’il crée, les satisfactions qu’il peut apporter… En guide de conclusion sont énoncés les principes de vie décente et de justice sociale, qui passent par un élargissement de notre conception du « travail ». Les illustrations noir et blanc, des rouages et des figures géométriques, des humains aux allures de robot, font penser aux Temps Modernes de Charles Chaplin, film d’ailleurs évoqué. Un petit documentaire tout à fait pertinent, mais qui souffre d’un vrai problème de positionnement. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Gallimard JeunesseC'est en 1972, que Pierre Marchand fonde le département Gallimard Jeunesse, avec Jean-Olivier Héron, tous deux fondateurs de la revue Voiles et Voiliers. Leur ambition est de placer la qualité artistique de leur production au niveau de la réputation littéraire de la prestigieuse maison. D'emblée, ils... |