L'avis de RicochetTrille et Lena sont voisins, dans le minuscule village de Knert-Mathilde. Lui vit avec ses parents, ses frères et sœurs, et son grand-père. Elle habite avec sa mère. Ce sont les meilleurs amis du monde, même s'ils ne se le disent jamais. Ensemble, ils font les pires bêtises, avant de se réconforter en mangeant des gaufres de mamie bis (la sœur de papy). Mais à force de faire venir le médecin pour toutes ses chutes, Lena trouve dans le jeune homme… un second papa. Elle doit suivre sa mère avec lui et déménager à la ville.
C'est le premier roman de la jeune auteure Maria Parr, qui reprend une veine d'écriture assez typique des pays du nord, Astrid Lindgren en tête : ton faussement naïf, enfants terribles pris dans des péripéties de la vie quotidienne, et qui révèlent finalement un tendre cœur d'or. Mais la modernité affleure sous l'environnement protégé dans une nature généreuse : la maman de Léna est une mère-célibataire qui se déplace en moto et un des enfants de la famille de Trille a été adopté d'un pays étranger. Si la vie est encore très influencée par la croyance en Dieu, rythmée par les fêtes religieuses (la Saint-Jean, Noël), il s'agit plus d'un élément culturel que d'un conservatisme à tout crin. Le narrateur est le garçon Trille, plus sage, serein qu'une Lena rude qui s'apparente un peu à un garçon manqué : ne pas avoir de papa, être la seule fille en classe impose un certain durcissement du caractère, et on distingue des fêlures chez la petite fille. Elle se lance dans des expériences dangereuses (chaque court chapitre invente une nouvelle bêtise !), tombe et se cogne, hurle, ose un langage très familier avec les adultes… Mais le dernier tiers du roman, à partir de l'épisode de la jument sauvée de l'abattoir, voit la situation s'inverser et c'est Trille qui devient actif, poussé par la peur du manque – manque de Lena, de mamie bis disparue, manque d'amour et de sécurité familiale… Heureusement que le grand-père complice est là pour accompagner "notre petit Trille et notre petite voisine" ! Les relations entre les générations sont bien au cœur de ce petit roman. On passe un moment de lecture à nager dans les bons sentiments, exprimés avec une sensibilité retenue et un sens de la narration certain, et la fin convenue, heureuse, satisfera tout le monde. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
Brève présentation par l'éditeurCascades et gaufres à gogo, de Maria Parr a été distingué dans la catégorie Romans 9/12 ans du Prix Sorcières 2010L'éditeur : Thierry MagnierEnseignant, libraire, chargé de communication pour plusieurs groupements de libraires, rédacteur en chef d'une revue et auteur d'un album chez Gallimard jeunesse, Thierry Magnier a créé sa maison d'édition en 1998. |
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