L'avis de RicochetJess attend son correspondant français, Edouard, et elle espère bien trouver en lui le garçon de ses rêves. Las, Edouard est tout petit, timide. Le correspondant de Jodie, Nicolas, est bien plus attirant, mais c’est Flora, la meilleure amie de Jess, qui le séduit. Au grand dam de Jodie, et un peu de Jess. Un week-end de camping chez la tante de Jodie, réunissant Français et Anglais, va se transformer en cauchemar…
Les lecteurs connaissent bien l’inénarrable Jess, gaffeuse, comique et optimiste, entourée de Fred le très proche compagnon de rire, de sa mère bibliothécaire sérieuse, de la jolie et naïve Flora, et d’un père artiste farfelu qui habite au bord de la mer. Le présent livre, dernier écrit en date, se place temporellement juste avant le début de la série, 15 ans, charmante mais cinglée. La situation dans laquelle l’auteur place ici sa narratrice est en elle-même source d’humour ; le décalage des cultures est un grand classique. Il est utilisé au niveau de la langue, avec une incompréhension de part et d’autre, beaucoup de gestes, et, selon Jess, des abus de « langage elfique » (du français sans respiration, tout attaché). Mais pas plus : rien sur la nourriture, les horaires, etc. Sue Limb se concentre sur le chassé-croisé sentimental lors du camping : psychologie de Jess, réactions motivées de Flora et Jodie, et toute une galerie de personnages secondaires bien croqués. Les sentiments dépassent les langues et chacun appréhende fort bien la légèreté de Flora et la jalousie de Jodie. Mais Edouard passe à l’arrière-plan de l’intrigue, et Jess, dans les dernières pages, tombe amoureuse d’un Anglais de son lycée… L’ « invasion normande » n’était finalement qu’un prétexte, qui tombe un petit peu à plat. Certes, l’écriture est toujours aussi dynamique, Jess nous amuse et nous touche beaucoup, mais on peut la préférer dans ses joutes verbales avec Fred ou perdue dans des méandres familiaux (dans ce tome, sa grand-mère parle aux morts, mais l’idée n’est pas plus exploitée) : elle y a davantage de mordant et d’auto-dérision, des émotions plus complexes aussi. Un bon tome de présentation de l’héroïne, encore doit-il être lu avant les autres pour être apprécié… Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Gallimard JeunesseC'est en 1972, que Pierre Marchand fonde le département Gallimard Jeunesse, avec Jean-Olivier Héron, tous deux fondateurs de la revue Voiles et Voiliers. Leur ambition est de placer la qualité artistique de leur production au niveau de la réputation littéraire de la prestigieuse maison. D'emblée, ils... |