L'avis de Ricochet1787, Nord-Ouest de Paris. Colin Clarisse vit avec ses parents vignerons. Ses journées se partagent entre le travail et les rencontres avec la jolie Toinette, sa promise qu’il connaît depuis l’enfance. Mais un regard de Fleur, jeune bourgeoise revenue au pays, va tout bouleverser. Colin laisse le malaise s’installer avec Toinette, qui réagit alors de manière tragique. Compromis avec Fleur, Colin doit s’enfuir pour Paris. Finira-t-il par trouver la paix avec son amoureuse de toujours ?
Ce roman a l’intelligence de suggérer les prémisses de la Révolution Française sans pédagogie forcée. La simple vie quotidienne des paysans de Taverny suffit à démontrer la colère qui couvait, due à la fois aux abus des seigneurs et à des difficultés climatiques réelles. Ce cadre posé et suivi avec légèreté dans le récit, Robert Bigot s’intéresse alors à ses personnages, des adolescents touchants et excessifs (surtout les filles !), qui cherchent leur voie dans un monde certes en mutation, mais encore largement régi par le poids des traditions. Colin raconte rétrospectivement les événements qui se sont enchaînés et précipités à cause de son indécision, et c’est son journal empreint d’émotion juste que nous lisons. Dans un deuxième temps, un narrateur externe prend le relais, introduisant une distance pertinente pour une partie où Colin et Toinette deviennent véritablement adultes. Cette formule narrative originale apporte une sorte de suspense à l’histoire dont on sent la tension monter progressivement, sans que cela enlève d’ailleurs leur charme aux petits détails et descriptions de chaque moment. La langue est tout à fait particulière, espèce de parler paysan moderne parsemé d’expressions – savoureuses - de l’époque et de la région (avoir « l’air de revenir de Pontoise », c’est ainsi avoir l’air ahuri). Précisons encore que Robert Bigot a écrit au fil de ses romans l’histoire de la famille Clarisse du XVIIIème siècle à nos jours, et vous aurez une idée de l’inventivité talentueuse de ce conteur hors-pair… Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Seuil JeunesseCréées en 1935 par le publicitaire Henri Sjöberg, les éditions du Seuil n'ont jusqu'en 1945 qu'une activité restreinte. Dès 1945, la parution du Journal d'un prêtre-ouvrier en Allemagne d'Henri Perrin marque la maison. Les éditions se spécialiseront dans les sciences humaines (revue Esprit... |