L'avis de RicochetContre toute attente, le cinquième et ultime tome du Clan des Otori n’est pas la suite du tome quatre, mais le début de toute l’histoire. L’action commence avant la naissance de Shigeru, et raconte les trente premières années du père adoptif de Takeo. Le roman s’achève à la rencontre de deux hommes.
Le jeune Shigeru, héritier du Clan Otori, grandit au château de Hagi. Grâce à ses maîtres d’armes et à son séjour au monastère de Terayama, il devient un valeureux combattant, équilibrant parfaitement force et patience. Il est excédé par le manque de caractère de Shigemori, son père, qui ne peut prendre de décision politique sans le conseil de ses frères et de ses voyants. Parcourant le Pays du Milieu, Shigeru prend conscience de l’imminence de la guerre. Son voisin, Iida Sadamu multiplie les provocations et les alliances matrimoniales. Contre l’avis de ses oncles, Shigeru rassemble une armée et marche sur Yaegahara. Mais c’était sans prévoir la traîtrise de ses alliés, qui n’hésitent pas à se retourner contre son armée. Après la débâcle et la mort de Shigemori, les oncles Otori prennent la régence du clan, obligeant l’héritier légitime à renoncer au pouvoir. Mais Shigeru est patient. Se faisant passer pour un fermier, des années durant, il parcourt le pays et multiplie les alliances. Jusqu’au jour où il apprend qu’un enfant, dans un petit village, ressemblerait à un Otori.
Le fil du destin est à la fois un début et une fin. Il éclaire le reste de la saga sur de nombreux points, notamment les raisons de la haine entre Shigeru et Iida, et les relations entre le Clan Otori et la Tribu. La série renoue avec le roman initiatique, qui avait donné leur force aux deux premiers tomes. L’éducation de Shigeru, sa persévérance devant les obstacles, sa force de conviction en font un personnage héroïque aux yeux de son peuple et des lecteurs. Cependant, sa faiblesse pour les femmes en fait un homme à part entière.
Comme dans les tomes précédents, les lieux et les sensations sont incroyablement bien décrits. On perçoit le bruit de la rivière sur la pierre du pont, les longs trajets à pieds dans la montagne comme s’il on y était.
Ce roman, davantage encore que les autres, est plein de fureur et de passion. La guerre, la traîtrise, le pouvoir, l’amour, la jalousie, la mort sont intimement mêlés. Même lorsque Shigeru attend patiemment son heure en étudiant la culture du sésame, il rumine sa vengeance et vit un amour clandestin avec Dame Naomi.
Après trois premiers tomes fabuleux, le 4e pêchait un peu en privilégiant l’aspect fantastique (les pouvoirs des enfants de Takeo) au détriment du récit historique. Heureusement, ce 5e tome renoue avec l’épopée féodale et romanesque, dans un Japon magnifié. Cécile Gaultier Voir la chronique de Cécile Gaultier
L'éditeur : Gallimard JeunesseC'est en 1972, que Pierre Marchand fonde le département Gallimard Jeunesse, avec Jean-Olivier Héron, tous deux fondateurs de la revue Voiles et Voiliers. Leur ambition est de placer la qualité artistique de leur production au niveau de la réputation littéraire de la prestigieuse maison. D'emblée, ils... |