L'avis de RicochetDaphné et Sabrina Grimm errent de famille en famille depuis que leurs parents ont disparu. Et voilà qu’une vieille femme excentrique qui se prétend leur grand-mère les accueille dans une demeure isolée au milieu de la forêt ! Vite, elle va les lancer dans une enquête sur la réapparition… d’un géant, avant de se faire kidnapper par l’affreux monstre. D’abord circonspectes, les deux fillettes doivent admettre qu’elles sont les descendantes des frères Grimm, et que leur rôle va être de réguler les interactions entre les humains et les Findétemps, personnages et créatures magiques des contes cantonnés dans la ville de Port-Ferries. Le plus urgent est de libérer leur grand-mère.
Au croisement des Frères Grimm de Terry Gilliam et d’un Shrek des studios Dreamworks, le très visuel Sœurs Grimm joue à fond la carte des emprunts multiples détournés : ça fonctionne toujours quand c’est bien dosé et finement intégré, et c’est le cas ici. On croise en vrac la Belle et la Bête, le roi Arthur, Jacques et son haricot magique, des personnages du Magicien d’Oz et de Sleepy Hollow (l’auteur est anglo-saxon), des Mille et une Nuits, Blanche-Neige en institutrice, le Miroir magique, les trois petits cochons en policiers, Puck le roi des elfes, Le grand méchant loup qui lutte contre ses instincts, Charmant en maire de Port-Ferries qui voudrait bien redevenir prince… De quoi enthousiasmer le lecteur et lui faire tourner la tête ! L’exercice de style n’empêche pas une intrigue sous forme d’enquête policière bien rythmée et solide. Daphné et Sabrina rencontrent des alliés et choisissent leurs armes dans le monde du Miroir magique (un homme physiquement réel, trouvaille originale) ; les soupçons se portent successivement sur différents personnages sans que le lecteur sente venir le vrai coupable du retour des géants à Port-Ferries. Le second tome est évidemment préparé avec un indice (une main rouge) se rapportant à la disparition des parents des fillettes. Le vocabulaire est plus que correct, la syntaxe riche, l’écriture dynamique, pleine d’humour (« - J’ai sept ans. Je ne peux pas frapper quelqu’un avec un gourdin, et encore moins dans la tronche… Je ne sais même pas ce que c’est. », p. 173). Last but not least, la couverture rouge imite un grimoire, et les petits médaillons en tête de chapitre – des dessins en ombres – participent à l’ambiance baroque. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Pocket JeunesseJusque dans les années 80, Presses Pocket publiait, sans politique édititoriale véritable, les titres du Groupe de la Cité. La trésorerie repose alors presque exclusivement sur la publications des oeuvres de Pagnol, constituant bientôt une collection autonome. L'arrivée en 1988 de Leonello Brandolini... |