La Voleuse de livres


S'entendre ? Se comprendre ? Se plaire ? Les filles viennent de Saturne, les garçons de Jupiter
Filles de lune, tome 1 : Naïla de Brume
Au service du mal
La Voleuse de livres

La Voleuse de livres

Auteur : Marcus Zusak
Traducteur : Marie-France Girod
Editeur : Pocket Jeunesse
Mars 2007
Roman à partir de 14 ans
Ce livre fait partie de la sélection de Ricochet
Thèmes : Lecture, Histoire - Seconde Guerre mondiale, Histoire, pays, géographie, atlas

L'avis de Ricochet

En 1939, Liesel et son petit frère sont emmenés par leur mère en-dehors de Munich. En cours de trajet, Liesel voit le garçonnet mourir mais récupère un livre, Le Manuel du fossoyeur. Recueillie par un couple de braves gens, les Hubermann, la petite fille apprend à lire la nuit avec son père de substitution. Elle continue à voler quelques ouvrages, selon ses besoins : lors d’un autodafé, dans la bibliothèque de la femme du maire avec qui elle noue une relation à distance. Max, jeune Juif caché par les Hubermann, lui écrit aussi des histoires, sur des pages de Mein Kampf repeintes en blanc. Et pendant ce temps, la mort continue de rôder autour des proches de Liesel…
Curieuse narratrice pour ce gros ouvrage : la Mort, plus humaine qu’il n’y paraît, raconte la vie de Liesel pendant la guerre, à partir d’un carnet intime qu’elle a récupéré. La Faucheuse prend son temps, déconstruit le fil linéaire, pratique la digression, ponctue le récit de mini-encadrés, prévient son lecteur (« Evidemment, c’est très impoli de ma part. Je suis en train de gâcher non seulement le dénouement du livre, mais la fin de ce passage particulier. », p. 251)… Le style très personnel est informatif, à la limite de l’énumération de faits, tout en réussissant à garder une empathie pour les personnages : « Pour Liesel Meminger, le début de l’année 1942 pourrait se résumer à ceci : Elle fêta ses treize ans. Elle n’avait toujours pas de poitrine. Elle n’avait pas encore ses règles. Le jeune homme du sous-sol était maintenant dans son lit. » (p. 319). Les figures secondaires sont soignées, constitutives de l’évolution de Liesel, des « parents » généreux à l’amoureux-ami. La jeune fille est-elle vraiment l’héroïne ? Oui, mais sa psychologie n’envahit pas un roman qui est encore une réflexion sur la guerre, la mort, l’intolérance (les histoires de Max sont à ce titre de véritables paraboles). L’histoire en elle-même est donc très forte (Liesel sera au final la seule rescapée de la guerre), très riche, et l’auteur la travaille de façon originale : que demander de plus pour le bonheur du lecteur, jeune ou moins jeune ? A noter tout de même qu’il ne s’agit pas d’une lecture facile.

Sophie Pilaire
Voir la chronique de Sophie Pilaire

L'éditeur : Pocket Jeunesse

Jusque dans les années 80, Presses Pocket publiait, sans politique édititoriale véritable, les titres du Groupe de la Cité. La trésorerie repose alors presque exclusivement sur la publications des oeuvres de Pagnol, constituant bientôt une collection autonome. L'arrivée en 1988 de Leonello Brandolini...

L'avis des internautes

(Les avis exprimés ci-dessous n'engagent que leurs auteurs)
J'ai beaucoup apprécié ce livre. Je trouve que l'histoire est vraiment bien tourné car l'action n'est pas réellement présente (du moins pas avant la moitié) et pourtant on ne peut en décrocher! L'histoire est vraiment originale, la présence de la mort, la jeune fille rebelle durant l'Allemagne nazi. Et le dénouement est assez troublant, je ne m'y attendais pas du tout, et j'avoue que j'ai été très surprise! J'ai beaucoup pleuré (grimace)!! Un livre que je conseille fortement!
Commentaire posté le 19/02/2009 16:34 par AllisOn
Un des bons romans que j'aie lus ces temps-ci. La narration faite par la Mort est discrète tout en étant très présente. Ça semble paradoxal, mais c'est un plaisir rare de lecture. L'intérêt est soutenu, les événements pleins de caractère et de force. J'ai beaucoup aimé
Commentaire posté le 13/11/2008 19:36 par gisele.desroches@globetrotter.net