L'avis de RicochetEn 1939, Liesel et son petit frère sont emmenés par leur mère en-dehors de Munich. En cours de trajet, Liesel voit le garçonnet mourir mais récupère un livre, Le Manuel du fossoyeur. Recueillie par un couple de braves gens, les Hubermann, la petite fille apprend à lire la nuit avec son père de substitution. Elle continue à voler quelques ouvrages, selon ses besoins : lors d’un autodafé, dans la bibliothèque de la femme du maire avec qui elle noue une relation à distance. Max, jeune Juif caché par les Hubermann, lui écrit aussi des histoires, sur des pages de Mein Kampf repeintes en blanc. Et pendant ce temps, la mort continue de rôder autour des proches de Liesel…
Curieuse narratrice pour ce gros ouvrage : la Mort, plus humaine qu’il n’y paraît, raconte la vie de Liesel pendant la guerre, à partir d’un carnet intime qu’elle a récupéré. La Faucheuse prend son temps, déconstruit le fil linéaire, pratique la digression, ponctue le récit de mini-encadrés, prévient son lecteur (« Evidemment, c’est très impoli de ma part. Je suis en train de gâcher non seulement le dénouement du livre, mais la fin de ce passage particulier. », p. 251)… Le style très personnel est informatif, à la limite de l’énumération de faits, tout en réussissant à garder une empathie pour les personnages : « Pour Liesel Meminger, le début de l’année 1942 pourrait se résumer à ceci : Elle fêta ses treize ans. Elle n’avait toujours pas de poitrine. Elle n’avait pas encore ses règles. Le jeune homme du sous-sol était maintenant dans son lit. » (p. 319). Les figures secondaires sont soignées, constitutives de l’évolution de Liesel, des « parents » généreux à l’amoureux-ami. La jeune fille est-elle vraiment l’héroïne ? Oui, mais sa psychologie n’envahit pas un roman qui est encore une réflexion sur la guerre, la mort, l’intolérance (les histoires de Max sont à ce titre de véritables paraboles). L’histoire en elle-même est donc très forte (Liesel sera au final la seule rescapée de la guerre), très riche, et l’auteur la travaille de façon originale : que demander de plus pour le bonheur du lecteur, jeune ou moins jeune ? A noter tout de même qu’il ne s’agit pas d’une lecture facile. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Pocket JeunesseJusque dans les années 80, Presses Pocket publiait, sans politique édititoriale véritable, les titres du Groupe de la Cité. La trésorerie repose alors presque exclusivement sur la publications des oeuvres de Pagnol, constituant bientôt une collection autonome. L'arrivée en 1988 de Leonello Brandolini... |
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