L'avis de RicochetJeune conducteur déconcentré par la présence bruyante de deux amis, Ryan renverse Tara un soir de pluie. La jeune fille reste longtemps dans le coma, puis commence une longue rééducation. Démoli par la culpabilité, Ryan convainc l’entourage de Tara qu’il peut l’aider à se reconstruire, rester près d’elle. Tout va bien tant que Tara ne se doute de rien.
Dérapages de voiture, dérapages de conduites, ici toutes plus glissantes les unes que les autres. Un des trois jeunes hommes de la voiture refuse toute responsabilité ; il n’apparaît alors plus dans le roman que de loin en loin, joli cœur inconséquent. L’attitude de Ryan n’est pas exempte d’ambiguïté : en restant auprès de Tara, affronte-t-il vraiment la situation en adulte courageux ou cherche-t-il à soulager sa conscience ? Certainement les deux, d’autant plus que tout un mensonge est organisé autour de la victime… Laquelle hésite sur l’importance de savoir la vérité de son accident ou pas, de se battre pour remarcher ou pas. Ces errements de la pensée sont traduits de manière originale, avec une alternance de trois angles de vue : Ryan, narrateur quantitativement majoritaire, représente le monde quotidien, Tara du fond de son coma et de sa lente convalescence raconte ce qu’elle subit du mieux qu’elle peut, et des extraits de comptes-rendus médicaux apportent une note glacée et terrible. On regrettera l’insistance sur les amours adolescents, un peu tôt venus et improbables dans le contexte dramatique : l’avenir aurait pu être symbolisé par d’autres aspirations. David Hill, qui a aussi écrit Ennemis intimes sur l’auto-mutilation (également Flammarion, collection Tribal), n’hésite pas à se colleter avec des sujets extrêmes flirtant avec la mort, mais, dans leur traitement, toujours porteurs d’espoir : parfaitement « adolescents », en somme. Le résultat dans ce Dérapages est réussi pour la psychologie, moins pour l’intrigue. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Père Castor FlammarionL'apparition, en décembre 1931, des Albums du Père Castor marque un tournant décisif dans l'évolution du livre pour enfants en France.
Fondées par Paul Faucher (1898-1967), un jeune libraire passionné de pédagogie qui avait créé le Bureau français d'Education nouvelle et la collection "Education" chez... |
L'avis des internautes
(Les avis exprimés ci-dessous n'engagent que leurs auteurs)Merci a cet auteur de nous faire réfléchir dans ce monde !!!
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