L'avis de RicochetLa grand-mère de Boowie a fugué. En guise d’explication, elle envoie à sa famille le journal qu’elle a écrit enfant… Côtes de l’Angleterre, 1943. Le village de Lily est réquisitionné pour un entraînement grandeur nature au Débarquement. Tout le monde doit partir, mais Tips, la chatte de Lily, disparaît. Aidée d’Adolphus, un soldat américain, la jeune fille fait tout pour retrouver son animal. L’histoire finit bien, mais Adolphus, dont Lily est tombée amoureuse, doit partir. C’est aujourd’hui lui que Lily, devenue grand-mère de Boowie, est partie retrouver.
Après Trêve de Noël, l’auteur explore un autre épisode méconnu de guerre, à savoir les exercices précédant le Débarquement de Normandie, en 1943. Il ne faut pas s’attendre à un roman purement « animalier » comme Michael Morpurgo sait si bien les réussir, car le lecteur ne suit Tips que de loin en loin, à travers la narratrice Lily. Les aventures du chat se mêlent à l’apprentissage du changement et du bouleversement des repères, la découverte de l’autre (et des Américains : Adolphus est le premier homme noir que Lily rencontre), l’adaptation à une vie où tout est rationné... La guerre n’apparaît qu’indirectement, comme une menace : enfants des villes envoyés à la campagne, absence des hommes au village, veuves de guerre se chargent de rappeler sa présence constante. La narratrice Lily navigue entre légèreté, voire inconscience, de l’enfance qui n’imagine pas la mort et gravité un peu coupable quant aux événements mondiaux (« En vérité, papa ne me manque pas autant qu’il le devrait, je le sais, pas autant qu’il manque à maman. », p. 34). L’ensemble des histoires forme un tout complexe, nuancé entre joies et peines, et donc certainement très proche de la réalité de cette période. La construction en abyme est habile, en ce qu’elle introduit d’une part un suspense à rebondissements, et en ce qu’elle propose d’autre part une invitation au partage entre générations. Qualité du vocabulaire et de la syntaxe, sensibilité des sentiments, valeurs morales et éducatives finement distillées : Michael Morpurgo ne s’essouffle pas. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Gallimard JeunesseC'est en 1972, que Pierre Marchand fonde le département Gallimard Jeunesse, avec Jean-Olivier Héron, tous deux fondateurs de la revue Voiles et Voiliers. Leur ambition est de placer la qualité artistique de leur production au niveau de la réputation littéraire de la prestigieuse maison. D'emblée, ils... |
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