L'avis de RicochetSeconde Guerre Mondiale, Le Chambon-sur-Lignon en Haute-Loire. Ce village de protestants a organisé un maquis et accueille de nombreux Juifs. Amoureux de la jolie réfugiée Edith, Emile, fils de paysans, entre dans la résistance. Arrêté, il parvient à s’échapper et vit alors de doux moments avec Edith. La guerre finie, la jeune fille repart à Paris. Emile, qui est excellent élève, décide d’entamer des études de médecine puis de la rejoindre.
Une histoire personnelle dans la grande Histoire, une fin heureuse et ouverte : classique, mais réussi. La « petite histoire », c’est l’amour entre Edith et Emile, que l’on voit se développer autour de l’école : devoirs, jeux, rivalités... C’est aussi la réussite sociale d’Emile, son passage du statut de paysan à celui d’étudiant, de futur médecin, au sein d’une famille dépassée par ce succès. La « grande histoire », c’est bien sûr la guerre, la résistance, la menace de la déportation, avec ce village du Chambon-sur-Lignon connu pour sa résistance active face à l’ennemi. Mais c’est encore la vie quotidienne dans un village des années 1940 en France : l’ouvrage a un aspect documentaire de ce point de vue. L’intrigue se centre autour du narrateur Emile, qui nous raconte au passé cette période et la façon dont il l’a vécue, sur un ton juste et frais. Les autres personnages gravitent autour de lui, du père trop sérieux jusqu’à Edith qui ne joue qu’un rôle secondaire. Comme dans Sur l’Orenoque, Pascale Maret met en parallèle des groupes sociaux apparemment différents, voire opposés, finalement proches. Ce sont ici les Protestants, persécutés autrefois comme les Juifs au XXème siècle, et qui savent être solidaires par-delà leurs différences. Le message est quasi-subliminal, simplement suggéré dans un texte qui ne parle jamais de religion. Même leçon de tolérance, même attention au génocide juif, mais écriture renouvelée et beaucoup de sensibilité : Pascale Maret a un vrai talent d’auteur. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Thierry MagnierEnseignant, libraire, chargé de communication pour plusieurs groupements de libraires, rédacteur en chef d'une revue et auteur d'un album chez Gallimard jeunesse, Thierry Magnier a créé sa maison d'édition en 1998. |
L'avis des internautes
(Les avis exprimés ci-dessous n'engagent que leurs auteurs)Je le conseille à partir de onze ou douze ans, parce qu'il n'est pas très compliqué à lire.
Alix