L'avis de RicochetGaoussou, jeune Africain, est fait prisonnier avec son amie Akissi, ils vont être envoyés comme esclaves aux Antilles. En cours de voyage, le bateau sur lequel ils ont été embarqués coule. Gaoussou et Akissi, échoués sur une plage antillaise, ne verront ainsi que de loin la condition d’esclave sur le long terme.
Même si le narrateur se veut omniscient, le récit insiste majoritairement sur le ressenti du héros, sa façon de percevoir les choses au vu de sa culture africaine (voir les fréquentes invocations aux dieux). Le lecteur suit Gaoussou et ne verra pas plus que ce qu’il nous présente. La vie quotidienne d’un esclave n’est que suggéré lors de l’épisode de la plantation, et l’esclavage reste traité en tant que commerce sordide. Soit, on aborde assez peu cette partie de la question dans la fiction pour la jeunesse. L’idée du propriétaire terrien pédophile, si elle est fondée sur des faits historiques, joue l’effet « choc ». La reprise de liberté de Gaoussou et Akissi est peut-être trop facile pour être crédible, et la fin laisse perplexe : les personnages ont-ils rejoint les côtes africaines à la nage ? Le dossier final manque d’informations, et le glossaire est incomplet : on n’y retrouve pas tous les mots promis dans le corps du texte ! Dommage car l’auteur a une réelle volonté de créer un vrai contexte. On passera enfin sur les fautes typographiques et d’orthographe. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Oskar jeunesseLes éditions Oskar ont créé Oskar Jeunesse en octobre 2005.Au niveau de leur politique éditoriale, ils privilégient des livres à contenu « éducatif » :
- "Mes premiers apprentissages", une collection de livres drôles et pédagogiques pour les tous-petits.
- Pour les petits (de 6 à 8... |
L'avis des internautes
(Les avis exprimés ci-dessous n'engagent que leurs auteurs)La langue d'Yves Pinguilly est métissée à point et sans doute est-ce en partie pour cela que le lecteur lui aussi fait le dramatique voyage de l'autre côté de l'océan. C'est vrai que c'est un lieu commun que de parler de la force de l'écriture de Pinguilly.
Mes élèves de sixième et les élèvers de cours moyen qui ont lu ce livre ont généralement été émus et leurs commentaires m'ont montré qu'ils avaient envie d'aller vers des sources documentaires pour en savoir plus sur l'esclavage.
Yves Pinguilly qui n'est pas un historien mais un poète de la langue a fait un œuvre forte, complétée par les images d'un autre africain Arnaud Floc'h (auquel mes élèves ont écrit) qui vit une partie de l'année dans sa maison du Mali.
Un beau livre oui, un livre pour la mémoire bien sûr mais aussi simplement un livre qui a ici le goût du "pili pili" et plus loin le "goût du vent" cela dit pour reprendre des titres célèbres de l'auteur.