L'avis de RicochetAfghanistan, 2001. Nusrat, américaine, est devenue musulmane par amour pour son mari médecin pakistanais. En attendant son retour de mission, elle vit seule et donne des cours à des enfants réfugiés. Jeune Afghane, Najmah a perdu toute sa famille, décimée par les Talibans. Au terme d’un long et dur chemin, elle arrive dans un camp de réfugiés et rencontre Nusrat, qui la prend sous sa protection. Najmah retrouve son frère, ils vont repartir sur les terres de leur père. Nusrat apprend le décès de son mari et rejoint les Etats-Unis.
Aborder un tel sujet, pour une auteur américaine, était hautement sensible. Dans le roman, Nusrat est d’ailleurs en butte à l’incompréhension de ses parents. Suzanne Fisher Staples a trouvé une excellent parade au manichéisme Bien/Mal : les Occidentaux n’apparaissent qu’à travers Nusrat (et dans les différentes interventions humanitaires). L’ouvrage est centré sur les Afghans et leur religion, et ce sont leurs propres oppositions qui créent un message. Un Islam modéré et souple est mis en avant, rejetant à la fois l’extrêmisme des Talibans et le traditionalisme de la belle-famille de Nusrat. A laquelle l’auteur fait ainsi dire : « Je crois bien que Dieu se moque du nom qu’on lui donne. » (p. 246). La narration est finement ciselée, d’abord en chapitres qui alternent Nusrat et Najmah. Un narrateur externe suit la première : plus solide dans sa vie, elle a moins besoin d’exprimer immédiatement ses sentiments, comme le souligne pour Najmah l’emploi du « je ». Lorsque les deux héroïnes se rencontrent, une alternance de ces narrations est conservée, donnant un joli jeu de voix mêlées. Dans les dernières pages, le narrateur externe prend le pas : Najmah a grandi et peut continuer à vivre en conservant la mémoire de sa famille. Quant à Nusrath, c’est riche d’une expérience – violente – de tolérance qu’elle rentre aux Etats-Unis. Ce beau roman réussit son pari : donner une leçon d’ouverture d’esprit, totalement dissimulée sous une histoire crédible et bien écrite. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Gallimard JeunesseC'est en 1972, que Pierre Marchand fonde le département Gallimard Jeunesse, avec Jean-Olivier Héron, tous deux fondateurs de la revue Voiles et Voiliers. Leur ambition est de placer la qualité artistique de leur production au niveau de la réputation littéraire de la prestigieuse maison. D'emblée, ils... |
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