Je mourrai pas gibier


Le contour de toutes les peurs
Coup de sabre
Omotou, Guerrier massaï
Je mourrai pas gibier

Je mourrai pas gibier

Auteur : Guillaume Guéraud
Editeur : Rouergue
Collection : DoAdo Noir
Février 2006
Roman à partir de 14 ans
Ce livre fait partie de la sélection de Ricochet
Thèmes : Famille - Parent, Amour, amitié, famille, relation à soi, aux autres

L'avis de Ricochet

Martial vient du petit village de Mortagne, coupé en deux selon l’activité professionnelle : on travaille à la scierie ou dans les vignes. Pour échapper à ces querelles de clochers, il vit en pensionnat et étudie la mécanique. Mais il revient les week-ends. Son frère qui s’acharne violemment contre un simple d’esprit – pour se « défriser les nerfs sans prendre de risque » (p. 21) - le révolte. Au mariage de son frère, il « craque » et tue toute sa famille avant de se jeter par la fenêtre.

A la lecture de Je mourrai pas gibier, j’ai pensé au film Elephant de Gus Van Sant, comme transposé dans la France profonde. Un même sentiment paradoxal d’incrédulité mêlé à la frayeur du possible se dégage de ces deux œuvres-chocs, aussi fines et intelligentes l’une que l’autre. Guillaume Guéraud a construit le roman à la façon d’un très long retour en arrière : le temps du trajet en ambulance, le narrateur Martial se remémore les événements précédant son geste sans retour (qui vient donc juste de se passer…). Les phrases sont très courtes, les paragraphes ne dépassent pas six lignes. Il n’y a pas de place pour les digressions dans ce langage dur, débordant de rancœur accumulée (« Je me suis inscrit en mécanique au lycée Camus. Histoire de faire chier tout le monde sans faire dans la dentelle », p. 25). A l’instar d’Elephant, le contexte sociologique est évoqué imperceptiblement au fil du texte, à la façon de simples scènes d’exposition. Il éclaire aussi le comportement de Martial : Venu d’un monde en huis-clos, frustre et violent, et conscient de l’absence de perspectives, il a essayé de partir pour oublier Mortagne. Mais le poids de toute une éducation est trop fort. Incapable d’exprimer son mal-être par des paroles, Martial réagit lui aussi par l’agression, poussée à l’extrême car retenue trop longtemps. Qui a dit que la littérature jeunesse avait toujours des happy-ends ? Je mourrai pas gibier est roman pour adolescents dans le sens où le héros est un jeune qui cherche encore ses marques, et que son geste peut aussi être interprété comme un appel au secours à un moment-clé de l’existence. Mais c’est aussi l’expression d’un talentueux écrivain touche-à-tout qu’il serait injuste de cantonner à un seul public.

Sophie Pilaire
Voir la chronique de Sophie Pilaire

Brève présentation par l'éditeur

Je mourrai pas gibier, de Guillaume Guéraud a été distingué dans la catégorie Romans adolescents du Prix Sorcières 2007

L'éditeur : Rouergue

Le département jeunesse des éditions du Rouergue a été créé en 1994 par Olivier Douzou juste après la parution de son premier album, Jojo la Mache. Auparavant, Olivier Douzou, alors salarié d'une agence de graphisme parisienne, avait réalisé la mise en page de plusieurs ouvrages des éditions du...

L'avis des internautes

(Les avis exprimés ci-dessous n'engagent que leurs auteurs)
Je n'ai pas lu ce livre mais j'ai assisté à sa représentation théatrale à Boulogne sur mer. En effet, l'histoire est assez choquante et violente..Mais la façon dont la mise en scéne à était faite, rend l'histoire moins choquante. Lors du spectacle, il y avait juste 2 acteurs assis sur une chaise pendant tout la représentation, il n'y avait aucunes actions, donc pas de violence.. Les acteurs racontaient et nous permettaient au public de s'imaginer les scénes. C'etait original et très bien. J'ai bien aimé.
Commentaire posté le 07/02/2009 17:09 par pauline
Quel choc ! Je comprends que ce roman mette mal à l'aise beaucoup de parents, de bibliothécaires et de libraires. J'ai pensé au premier film de Bruno Dumond, La vie de Jésus, et par certains côtés au cinéma de Haneke. Avec une grande économie de moyens et sans manipuler son lecteur (il désamorce un éventuel suspens malsain dès le début), il parvient à communiquer le désespoir d'un enfant prisonnier d'un monde laid et sans espoir. Foudroyant. Que certains s'escriment à juger le texte sur des critères moraux est symptomatique du traitement accordé à la littérature adolescente. Une littérature qui ferait de chaque auteur un éducateur. La question de la responsabilité d'un auteur vis-à-vis de ses lecteurs est évidemment intéressante. Quitte à comparer ce qui n'est pas comparable : qu'est-ce qui est le plus dangereux de mettre entre les mains d'un jeune lecteur ? Un de ses romans fabriqués sans sincérité rempli de leçons de vie édifiantes ou Je mourrai pas gibier ? Mon choix est fait. A Bas le mauvais goût et vivent les vrais livres !
Commentaire posté le 18/04/2008 18:18 par washsquare@hotmail.fr
je viens de lire ce livre la premiere fois que je l'ai lu c'etait sans plus et la deuxieme fois j'ai été touche j'ai 16 ans et donc je me demande si l'auteur n'a pas eté victime de faist de ce genre??Il a ecrit ce livre avec une tel finesse que je me demande si c'est vrai ou pas.
Commentaire posté le 10/03/2007 21:39 par laura_2787
L'accompagnement à la lecture est je crois indispensable pour ce roman. Langage cru, violent, images qui ne supportent aucun contresens...une écriture parfaitement maîtrisée et qui appelle le débat. Un lecteur adolescent ne demande que ça, si on sait le guider vers les bonnes questions...
Commentaire posté le 24/01/2007 19:33 par Anne, 57
ce roman est inédit , tant dans sa forme que dans son contenu ; le narrateur adolescent , Martial ,bascule dans une folie meurtrière et par une longue analepse , revient sur les actes qu'il a commis .C'est un récit "coup de poing" pour le lecteur qui est destabilisé par l'écriture concise , brutale et familière du personnage .Il y a de la révolte dans martial , mais aussi une certaine souffrance , une impossibilité à communiquer autrement .... Guillaume Guéraud fait preuve d'une grande audace ( devrait - on dire inconscience ?) en ayant écrit et fait publier ce roman .Bravo !!!!
Commentaire posté le 10/01/2007 22:00 par crackynut
Dans une société où la violence gratuite se banalise, il n'est certes pas facile de regarder en face, à travers ce texte court mais très intense, la réalité des choses. L'auteur a su parfaitement décrire avec justesse, réalisme (trop certains diront sans doute ?), cette possibilité de basculer dans l'horreur. Un roman certes à ne pas mettre entre tous les yeux, mais qui accompagné, saura trouver son public.
Commentaire posté le 10/01/2007 15:33 par laurent.magnac
quand on a perdu un beau jeune qui souffrait moralement dans sa famille on a pas envie de le faire lire a son jeune fils,..........et il l'a lu à l'école! choisi par sa maitresse.........il y a meilleur à se nourrir!
Commentaire posté le 22/11/2006 17:50 par vajmartrico
il est tres bien mais il y a des mots qui sont pas compréhensibles
Commentaire posté le 19/11/2006 21:51 par leurier
Un roman ado fort qui ne banalise pas la violence. C'est une lecture qui fait réfléchir et ouvre les débats. Merci à l'auteur.
Commentaire posté le 02/11/2006 17:24 par laurence
Ce livre m'a beaucoup touché... peut-etre à ne pas mettre dans toutes les mains?
Commentaire posté le 20/07/2006 11:45 par zazou4@aol.com