L'avis de RicochetMyrtho Figueira est la préférée de son grand-père Barnabé. A chaque moment important de son enfance, puis de son adolescence, il est présent, donnant des conseils de bonheur sans en avoir l’air. Et s’il fait des bêtises, s’il a des peines de cœur, il ne les laisse pas paraître pour sa Myrtho qui ne l’en aime que davantage. Barnabé l’accompagnera jusqu’aux dix-sept ans de son bac avorté, et toute la vie dans son cœur.
Par petits chapitres aux intitulés temporels hyper-précis (cinq heures dix-huit minutes et vingt secondes, dix-sept ans plus deux jours…), la narratrice Myrtho raconte des tranches de vie, des souvenirs plus ou moins importants. Dans tous Barnabé apparaît, que ce soit physiquement ou au téléphone, et imprime sa marque sur sa petite-fille par un geste, une formule (« Tu es prête ? – Oui. – Alors note bien ceci : « prendre soin de moi ». », p. 46). Une seule fois, Myrtho a treize ans, c’est elle qui consolera son grand-père ivre d’un chagrin d’amour, en lui montrant les étoiles. Elle ne retiendra pas la faiblesse de l’homme mais sa capacité à s’émouvoir. Le lecteur s’attend évidemment à la disparition de cette figure tutélaire, qui vient brusquement, sans heurts et sans bruits : un choc. Ce délicat petit ouvrage en hommage à tous grands-pères est placé sous le signe du temps qui passe, tout comme la maison de Barnabé est symboliquement au bord de la mer, bercée par les vagues. La langue fluide, poétique (« L’ignoble dame douleur me donnait le coup de grâce », p. 43), est chargée d’émotion. A noter la scène introductive de la naissance, une des plus tendres que je connaisse. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
L'éditeur : Pocket JeunesseJusque dans les années 80, Presses Pocket publiait, sans politique édititoriale véritable, les titres du Groupe de la Cité. La trésorerie repose alors presque exclusivement sur la publications des oeuvres de Pagnol, constituant bientôt une collection autonome. L'arrivée en 1988 de Leonello Brandolini... |