L'avis de RicochetUn chevalier est craché d’une sorte de cratère, complètement amnésique. Il se renomme Achille Bouzouk, et, accompagné d’un immense cheval parlant et de deux compagnons souffrant du même mal que lui, il part à la recherche de sa mémoire. L’ogresse M’mandragore lui a « sucé » littéralement ses souvenirs pour les consigner quand quatre livres qu’elle a ensuite vendus. Qu’à cela ne tienne, Achille Bouzouk récupère les deux premiers, retrouve et sauve son père, véritable tyran, renoue avec sa mère qui a fait vœu de silence.
Il y a du Rabelais chez Gérard Moncomble… De bout en bout, son roman est un délire langagier, truffé de néologismes à consonance moyen-âgeuse, servi par un narrateur externe fort sérieux. Le rapport à la chair et au fonctionnement du corps (le cheval Ganachon se défend avec des crocrottins…) est fort, et l’on sait l’amour de Rabelais pour la vie dans ce qu’elle a de plus trivial. La quête rocambolesque et merveilleuse d’Achille Bouzouk peut s’apparenter aux pérégrinations de Gargantua, même s’il n’est pas vraiment question ici d’humanisme, mais plutôt de recherche individuelle de soi. D’ailleurs, l’histoire n’est finalement que prétexte à l’épanouissement de l’imagination. Monstres et enchantements ne prennent pas le pas sur l’univers historique distordu et loufoque de l’auteur, rendant ainsi le roman complètement inclassable… et c’est tant mieux ! Un petit extrait pour vous mettre en bouche : « Lorsqu’il passa sous la torchère qui éclairait l’entrée du manoir, il apparut tel qu’il était : court sur pattes, bossu, ventru, boiteux, les mollets aussi épais que des polochons. Il n’avait qu’un œil et ses oreilles ressemblaient à deux poupillons collés de part et d’autre de son crâne. Le brouillard n’était pour rien dans son aspect difforme. Le pauvre hère était en outre affligé d’une odeur de poiscaille. Se pouvait-il qu’un nabot pareillement bancal prétendît soigner les gens ? C’était comme si un rhumoppotame voulait apprendre à voler à une libellule… » (p. 85). Le cavalier sans nom serait toutefois à proposer à des lecteurs avertis afin de profiter au mieux de la saveur du texte. Sophie Pilaire Voir la chronique de Sophie Pilaire
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L'avis des internautes
(Les avis exprimés ci-dessous n'engagent que leurs auteurs)mais moi qui n'est que ans j ai eu un peu de mal